Patrice Gueniffey biographe de Bonaparte : une réflexion sur la volonté de puissance dans l’Histoire

13 Mar

Disciple de François Furet Patrice Gueniffey l’est une fois encore selon son propre aveu lorsqu’il commence à travailler à une biographie de Bonaparte en 2004. Suivant la suggestion de son mentor, son intérêt se porte d’abord sur l’épisode des Cents-Jours. Dans l’article qu’il a donné à la revue le Débat en 2008 et intitulé Les « Napoléons de François Furet »[1], il rend déjà compte du projet de l’auteur de Penser la Révolution d’écrire une biographie de Napoléon, projet interrompu par sa brusque disparition. Dans ce même article Patrice Gueniffey rappelle d’ailleurs la thèse que développait déjà François Furet dans le Dictionnaire critique de la Révolution française dans le prolongement de la thèse libérale qui « depuis Benjamin Constant oppose Bonaparte Premier consul à Napoléon empereur, le temps de la nécessité à celui de l’aventure, la construction de l’État aux guerres de conquêtes… »[2]. Selon Furet donc, la Révolution française «a eu, l’espace de quelques années, son Washington en Bonaparte. Dix ans après, c’était un roi […]. Dès qu’il devient héréditaire, son pouvoir renonce à son principe, et il inaugure un autre cours que celui de la Révolution, où le hasard de la guerre a repris tous ses droits: en voulant fixer son règne dans la loi des royautés, l’empereur lui enlève ce qui en a fait à la fois le charme et la nécessité ».

L’article se poursuit par une analyse de la longue tradition historiographique qui oppose derrière Taine notamment les tenants « de l’interprétation de l’histoire de Napoléon comme aventure » au camp d’en face, selon qui « tout, de 1799 à 1814, aura été l’œuvre de la nécessité. L’histoire de Napoléon est [alors] un drame de la fatalité, une tragédie, celle de la volonté aux prises avec la fatalité ». Cette école de la nécessité trouve en Jacques Bainville un héraut dont le talent d’historien est à la dimension de son sujet. Dans la préface à la réédition par la maison Gallimard du Napoléon de Bainville, Patrice Gueniffey écrit à cet égard « qu’avec Bainville l’histoire cessait d’être de l’histoire ; elle s’imprégnait du présent et de ses enjeux ; elle devenait un « arsenal d’arguments » à l’usage des disputes d’actualité »[3]. Disciple de Sorel, défenseur d’une relecture de l’histoire de France au travers du prismes des relations franco-allemande, ferraillant avec Benda, Bainville défend la thèse stimulante d’ « un Napoléon victime d’une logique implacable, à la fois héritier et prisonnier de la Révolution, condamné à tourner dans un cercle dont il ne pouvait sortir : contraindre l’Europe à reconnaître les annexions françaises, signer, comme on disait une « paix glorieuse », mais sans disposer des moyens matériels de le faire ». C’est à la confluence de ces deux thèses extrêmes que l’auteur situe l’interprétation libérale défendue par Furet, associant l’aventure et la nécessité, « plus proche de Taine que de Bainville puisqu’elle frappe l’œuvre intérieure du sceau de la nécessité tandis qu’elle explique la guerre par l’esprit d’aventure ». Fortement marqué par la lecture de Chateaubriand qui fut le premier à dresser un parallèle entre Bonaparte et Washington, François Furet analyse le Consulat comme « l’époque des noces de Bonaparte avec la France née de la Révolution ».

Patrice Gueniffey poursuit son analyse de la thèse de Furet par l’association à la figure de Bonaparte du pouvoir d’incarner (dont il explique que Bonaparte le tenait « à la fois de lui-même et des circonstances ») et d’accomplir enfin la Révolution en institutionnalisant ses principes et ses intérêts. Pouvoir charismatique, pouvoir démocratique fondé sur le consentement populaire, comment alors ne pas penser au travail de Ian Kershaw sur le charisme en politique et à son immense biographie consacrée à Adolf Hitler[4]. Eliminant par avance toute convergence philosophique et idéologique entre les deux hommes, ne serait-il pas intéressant de relire la geste napoléonienne à la lumière de ces travaux récents sur l’incarnation et la mise en scène du pouvoir suprême ? Si Hitler est un Léviathan, aussi piètre stratège que bouffon chaplinesque, Napoléon Bonaparte campe à l’opposé un Prométhée moderne, dont Gueniffey rappelle à propos qu’il fascinait Bainville même s’il ne l’aimait pas. Il lui faisait grief d’avoir ramené la France à ses frontières d’Ancien Régime alors que « Richelieu, Mazarin ou Vergennes avaient tous augmenté le prestige et la force de la France ; aucun ne les avaient diminués, aucun, surtout ne s’était, comme l’exilé de l’île d’Elbe, lancé dans une dernière et meurtrière aventure, en quête d’une fin digne de sa légende ».

Si Bonaparte fut un roi, il fut d’abord le « roi de la Révolution ». « Le délégué de la souveraineté populaire » que fut Bonaparte de 1800 à 1814, le monarque républicain que décrit François Furet, prolongateur de Mirabeau, était aussi l’héritier de l’Ancien Régime dont Patrice Gueniffey explique « qu’il reproduit, en le renouvelant, le modèle du despotisme éclairé […] dont il reprend la politique de centralisation administrative et rationalisation de l’Etat, mais avec une liberté d’action incomparablement plus grande que celle dont disposaient les rois avant 1789 ». Et Furet de tempérer son enthousiasme pour le fondateur de l’Etat moderne lorsqu’à la suite de Bainville il estime qu’ « au fond seule la réorganisation administrative est solide, c’est à dire inscrite dans la nécessité ; c’est la partie bourgeoise de sa vie. Le reste est l’improvisation d’un incomparable artiste, qui laboure l’histoire de l’Europe, mais ramène finalement la France à ses frontières de 1789 ». Dans l’analyse de la vision que propose François Furet de Napoléon Bonaparte, Patrice Gueniffey considère qu’il surestime le double caractère civil et libéral de la République consulaire. « Les deux époques, révolutionnaires puis napoléonienne, font coexister les principes de la liberté des Modernes et ceux de la liberté des Anciens, les valeurs aristocratiques et les principes démocratiques, la propriété et la gloire, le bonheur domestique et la sacrifice de la patrie « . Il défend la thèse d’un Bonaparte qui aurait réussi là où échoua Barras, radicalisant après le 18 Brumaire « les moyens dont il a hérité du Directoire », depuis la mise en œuvre d’un régime d’exception après le 18 fructidor. Il fait du désarmement des factions et de la « dépolitisation » d’une société divisée par 10 ans de révolution au bénéfice d’un seul homme qui monopolise la sphère publique la condition de la réussite de Bonaparte. Gueniffey insiste sur le fait que « tout ce que Furet reproche à l’empire existe déjà pendant le consulat : la fin de la liberté de la presse, le quadrillage de la société par la police, les prisons d’Etat et les déportations ». Si Patrice Gueniffey a choisi 1802 comme borne à ce premier volume, c’est bien qu’il considère que c’est « la proclamation du Consulat à vie qui consacre une incroyable ascension »[5]. 1802 doit alors être envisagé comme le point de bascule l’histoire de Bonaparte, « car le sacre de 1804 ne sera que l’une des conséquences de la reprise de la guerre avec l’Angleterre ». L’auteur à ce titre s’interroge au terme de ce premier volume sur le fait que « la guerre était peut-être indispensable à Bonaparte » qu’il cite alors : « Mon pouvoir tient à ma gloire et ma gloire aux victoires que j’ai remportées. Ma puissance tomberait, si je ne lui donnais pour base encore la gloire et des victoires nouvelles ». C’est bien la guerre qui l’occupe principalement après 1802. « Reconstruction de l’Etat, recomposition sociale, codification des principes de la Révolution, créations institutionnelles, ce travail est, pour l’essentiel, achevé au moment de la proclamation du consulat à vie ». Et l’historien de conclure en affirmant que « le mandat confié à Bonaparte a été rempli. La Révolution est terminée … au moins dans les institutions ». Cependant il y aurait alors loin à considérer que la politique du consulat fut seulement dédiée à la construction de l’Etat moderne[6]. « Son but, c’est de rétablir l’ordre, dans tous les domaines, pour mettre le pays en ordre de bataille et de lui permettre de continuer la guerre dans les meilleurs conditions possibles ». Patrice Gueniffey plaide alors pour une reconsidération de l’histoire de l’Empire, articulant ses guerres aux formes politiques.

Dès les première pages du Bonaparte l’auteur se risque à affirmer que « le personnage ne se prête pas aisément à l’exercice biographique »[7]. Il concède qu’à l’évidence « toute biographie de Napoléon est, peu ou prou, une histoire de son règne, et réciproquement », multipliant alors les référence aux Histoires du Consulat et de l’Empire de Thiers et de Louis Madelin, ainsi qu’au Napoléon de Georges Lefebvre. Ne pourrait-on d’ailleurs ajouter à cette liste le Napoléon de Jean Tulard ? Patrice Guennifey énumère à la suite de ce constat les griefs portés contre le genre biographique qui a « longtemps souffert d’une assez mauvaise réputation ». Jacques Le Goff n’affirmait-il pas à la fin du XXème siècle : « le personnage, pourquoi pas, mais pas au centre des préoccupations » alors que Pierre Bourdieu dénonçait « l’illusion biographique ». Gueniffey n’hésite pas alors à disqualifier le rejet de ce « genre impur » en argumentant que « les évènements du tragique XXème siècle se sont chargés, finalement de détruire les illusions qui l’avaient marqué quant à la soumission de l’histoire à l’action de lois impérieuses ou à celle, exclusive des forces sociales ». Il reprend à son compte l’observation de François Furet qui pointe l’aporie d’ « une singulière époque où le matérialisme historique a atteint son plus vaste rayonnement d’influence au moment précis où sa capacité d’explication était la plus réduite ». Cette nouvelle biographie de Bonaparte est-elle alors un véritable contrepied à ce que l’on nomme « la biographie totale », incarnée par le Saint-Louis de J. Le Goff[8] qui marque l’aboutissement de cette démarche ? Celui-ci donne à son personnage une épaisseur chronologique qui le dépasse, il le situe dans ses rapports au monde et dans les étapes de la construction de son mythe. Non seulement, Louis IX est abordé dans le cadre de sa propre histoire mais il est aussi étudié en tant qu’image, symbole et mythe dans un temps long de la construction de la monarchie en France. C’est cette démarche qui fait se poser la question suivante à J. Le Goff : « Saint-Louis a-t-il existé ? ». L’objet de ce travail est donc de retrouver le « vrai » Saint-Louis en tentant de déconstruire puis de reconstruire la véritable identité de ce personnage. Dès lors, le personnage devient un vrai objet d’histoire. Non seulement, le personnage possède sa propre histoire mais il est lui-même source d’histoire et de mémoire. Patrice Gueniffey s’il concède que « Napoléon est un mythe, une légende ; mieux une époque », s’il rapporte que « l’idée de l’inexistence de Napoléon n’est pas neuve », il souligne d’autant plus le caractère paradoxal d’une telle position. Contrepied à « la biographie totale », ce travail se démarque aussi de la micro historia qui, à la suite des travaux de C. Ginzburg, cherche à valoriser les muets de l’histoire, ces hommes qui n’ont pas laissé de trace. Avec L.-F. Pinagot[9], A. Corbin entreprend « l’histoire en creux » d’un personnage dont on ne sait rien. Celui-ci est reconstruit grâce à la reconstitution d’un univers mental dans lequel Pinagot a vécu. Il part de son univers, la forêt, pour en déduire le rapport de l’homme au temps. Il lui connaît une identité régionale (Percheron type). Patrice Gueniffey se réclame bien d’une histoire libérale dans la veine d’un Tocqueville, souscrivant à son analyse de la dialectique subtile en jeu dans l’exercice biographique entre une aristocratie (la droite ?) qui incline à privilégier les causes particulières et la démocratie (la gauche ?) qui inversement a tendance à trouver de grandes causes générales avant de conclure sur la nécessité faite au genre biographique de « céder le pas pour que l’histoire , d’étude morale des intentions de ses acteurs » pour se transformer en une science des résultats de leur action jusqu’à devenir parfois un récit sans sujet ». Tout en prenant acte que « la biographie a retrouvé depuis son rang », Gueniffey pointe la désaffection dont Napoléon Bonaparte fut l’objet ces dernières décennies de la part des historiens professionnels[10]. « L’histoire de tous les hommes de son temps » se substituant depuis une trentaine d’année à « l’histoire de Napoléon ». Peut-être est-ce le cœur de ce projet éditorial que de réhabiliter le héros de Stendhal et de Nietzsche, et donner corps à la croyance du jeune Bonaparte « que notre sort ne résistera pas à notre volonté ». Nous reprenons alors à notre compte la formule d’Antoine de Baecque dans le compte rendu qu’il fit de votre ouvrage dans Le Monde: [parlant de Patrice Gueniffey] « Il revendique le canon du genre et est écrit par un directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales en pleine possession de ses moyens. Cette maturité et ce classicisme n’empêchent en rien un côté subtilement provocateur : c’est précisément en usant de l’outil historiographique le plus conventionnel que des hypothèses réellement neuves, voire iconoclastes, sont ici avancées »[11].

Classique cette biographie du vainqueur d’Arcole l’est certainement pour qui jetterait un regard trop rapide sur son plan de bataille. Si la progression est chronologique, la vision de Bonaparte n’a de cesse d’être problématique. Sans jamais quitter son sujet des yeux, Gueniffey propose au lecteur une vision panoramique qui sans proclamation ne néglige ni le tourbillon de l’épopée du général puis Premier Consul de la République Française ni le temps long de la construction de la personnalité exceptionnelle du futur Premier Consul de la République Française, les pages sur Napoléon et la Corse permettent à ce titre de saisir la complexité des enjeux politiques et géopolitiques insulaires et plus globalement ouest-méditerranéen. Bonaparte devient sous la plume de Patrice Gueniffey un héros quasi-picaresque et pré-stendahlien, jeune homme venu d’une périphérie à peine intégrée et qui s’assimile à une nation en devenir par la carrière des armes, mais aussi agent hors norme d’une stratégie familiale d’ascension sociale à laquelle n’aurait pu qu’applaudir Maximilien de Habsbourg. Soutien de famille puis chef de clan, Corse en France puis Français en Europe, Enfant des Lumières et de la Révolution formée dans les armées du roi, rien d’étonnant alors que de voir l’auteur dessiner le portrait d’un jacobin qui «n’épousa pas la cause de la Montagne mais celle de l’armée », puisqu’il « qu’il fit un choix de raison, non un choix dicté par des passions qu’il n’éprouvait pas ». Ambitieux et génial, homme amoureux et pragmatique, il est tout à la fois et successivement Hannibal, Alexandre et Jules César. Goinfre de vie, patiné par les cavalcades folles à travers l’Orient et l’Occident, lui qui admirait tant Plutarque, su dans cette ascension exceptionnelle rendre son destin possible. Et l’on retrouve en Bonaparte, le génie tactique d’Hannibal, la vision civilisationnelle d’Alexandre et l’implacable sens politique de Jules César. Dionysiaque plus qu’apollinien, le petit lieutenant corse gravit à la sueur de sa propre volonté les marches de la gloire pour atteindre le firmament des Grands Hommes où ils ne sont qu’une poignée à pouvoir lui en disputer le sommet. D’ailleurs est-ce une ironie ou le révélateur de l’existence d’invariables dans l’Histoire mondiale que de le voir mettre ses pas sur les mêmes traces, de franchir les mêmes fleuves et les mêmes cols, de naviguer sur les mêmes mers, de se rêver à leur suite général d’armée, consul, roi, empereur ou encore Pharaon. Peut-être se niche-t-elle dans l’articulation entre l’impulsion individuelle et la mise en mouvement de masses gigantesque, l’explication de cette trajectoire météorique que fut la vie de Bonaparte, lui dont le principal trait de caractère était ainsi formulée par Kléber « d’oser et d’oser encore » ?

                        Benoît Pouget
Professeur Agrégé d’Histoire-Géographie
Doctorant IEP Aix-en-Provence – CHERPA (ED 355)
Chargé de cours à l’IEP d’Aix-en-Provence et à l’Ecole de l’Air de Salon-de-Provence
Chercheur associé UMR 7268 – ADES Anthropologie bioculturelle Droit Ethique et Santé – Aix-Marseille Université- EFS – CNRS

[1] Gueniffey Patrice, « Les « Napoléon » de François Furet »,

Le Débat, 2008/3 n° 150, p. 162-174. DOI : 10.3917/deba.150.0162

[2] François Furet et Mona Ozouf, Dictionnaire critique de la Révolution française, Flammarion, 1988.

[3] Jacques Bainville, Napoléon, Gallimard, Tel n°333, Paris, 2005.

[4] Ian Kershaw, Hitler – Essai sur le charisme en politique, Gallimard, Paris, 1995 et Hitler, tome 1 : 1889-1936, Flammarion, 1999 & Hitler, tome 2 : 1936-1945, Flammarion, 2000.

[5] Patrice Gueniffey, Bonaparte : 1769-1802, Paris, Gallimard, 2013, p. 682.

[6] Gueniffey Patrice, « Les « Napoléon » de François Furet », Le Débat, 2008/3 n° 150, p. 162-174. DOI : 10.3917/deba.150.0162

[7] Patrice Gueniffey, Bonaparte : 1769-1802, Paris, Gallimard, 2013, p. 15.

[8] Jacques Le Goff, Saint Louis, Gallimard, 1996

[9] Alain Corbin, Louis François Pinagot, sur les traces d’un inconnu, 1998

[10]  Patrice Gueniffey, Bonaparte : 1769-1802, Paris, Gallimard, 2013, p. 17.

[11] Antoine de Baecque – Le Monde du 10 octobre 2013

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