LE SOLDAT A-T-IL UN SEXE ?

18 Nov

La conception du genre adoptée par les armées peut se résumer par la formule du Général de Lattre de Tassigny lorsqu’il affirme : « Je ne veux pas savoir s’il y a des femmes dans la division, pour moi, il n’y a que des soldats ». Cette affirmation implique que le combat efface les différences. En devenant soldat, le genre des individus s’inscrit en second plan. Les armées institutionnalisent ainsi la neutralité des sexes, faisant prévaloir le métier et la compétence. Cependant, la majorité des effectifs dans les armées reste masculin, 75% des militaires sont de sexe masculin contre 15% de sexe féminin[1]. Dans ces conditions, l’effort d’adaptation semblerait essentiellement se porter sur les nouvelles arrivantes. Or, plus on s’élève dans la hiérarchie, plus la présence de femmes se raréfie : les officiers féminins représentent 12% des effectifs[2] (toutes armées confondues). Face à leur statut de minorité, les femmes en situation de commandement doivent-elles se masculiniser pour assurer leur métier d’officier?

Nous verrons que l’intégration différenciée des femmes officiers les amènent à adopter diverses stratégies, jugées par leurs collègues.

I. L’intégration différenciée des femmes officiers

A. Les femmes officiers rencontrent des difficultés spécifiques selon leur corps d’armée

L’intégration des personnels féminins dans les grades élevés se différencie de celle de leurs homologues masculins. Une officier affirme : « au même titre qu’une infirmière sait qu’un jour elle sera confrontée à la vue du sang, nous savons qu’en tant que femme militaire (en prime officier) nous nous exposons à la misogynie ». Tandis que l’armée de l’Air bénéficie d’une excellente réputation et que la Marine et la Gendarmerie s’adaptent progressivement à l’arrivée des femmes, l’armée de Terre, reste la plus réfractaire à la féminisation. Certes, un machisme courant persiste dans toutes les armées mais le principal foyer de résistance réside à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan, selon les différents témoignages recueillis. Face à « la misogynie bien ancrée » à Saint-Cyr, une officier interrogée décide d’écrire un rapport sur les faits qu’elle juge inadmissibles auquel aucune suite n’est donnée, les cadres qualifiant ces propos d’« esprit potache », avouant ainsi être démunis sur la manière d’endiguer le problème. Alors qu’elle intègre la gendarmerie, ce témoin s’estime « reconnue dans sa condition de femme officier » : « Même si Saint Cyr reste pour l’instant la plus formidable expérience de ma vie, […] elle reste néanmoins un souvenir douloureux par rapport au comportement de groupe […]. [Aujourd’hui] je suis tout à fait reconnue, et encouragée, dans ma condition de femme officier de gendarmerie. » Cet avis semble partagé par la majorité des femmes ayant fréquenté cet établissement : un autre témoin juge la féminisation acceptée dans son unité, cependant, elle témoigne d’une « mentalité globalement hostile à la présence féminine » en classes préparatoires et à Saint-Cyr.

Cette résistance peut aller jusqu’à influer sur le choix de l’arme des personnels féminins : selon un témoin, certaines règles officieuses au sein de l’ESM Saint-Cyr-Coëtquidan restreignent l’accès des femmes à certaines spécialités, celles-ci subissant des pressions lorsqu’elles choisissent un domaine considéré comme un bastion masculin. Par conséquent, le choix d’une arme technique semble faciliter l’insertion professionnelle : la compétence garantissant alors la légitimité.

Face aux commentaires désobligeants dont les femmes peuvent être victimes au cours de leur carrière, le ministère de la Défense décide de mettre en place une formation pour les personnels féminins afin de leur apprendre à les gérer. Cependant, aucune mesure parallèle n’a été annoncée pour s’assurer de la disparition des comportements visant à ostraciser les femmes. Cette mesure semble accréditer l’idée que les femmes doivent s’adapter à l’univers masculin qu’elles ont choisi alors que les hommes ne subissent aucun changement.

B. « Le militaire n’a pas de sexe »

La neutralité des sexes défendue par l’armée évite d’affronter la différence entre hommes et femmes et de bouleverser les règles de ce microcosme social.  Néanmoins, les armées ont été créées à l’origine pour accueillir exclusivement des soldats masculins. Or, en intégrant les femmes, l’institution militaire ne prévoyait pas la remise en cause de leur mode de fonctionnement. Ainsi, l’armée propose un processus de désociabilisation dont l’objectif est de former des soldats sans distinction. Afin d’atteindre cette homogénéité entre les personnels, la formation initiale dispense des enseignements sur les modes de comportement et les valeurs à acquérir pour devenir un soldat. L’objectif principal est d’oublier les réflexes civils pour intégrer ceux du monde militaire. Les armées imposent alors aux femmes une adaptation aux normes établies avant leur arrivée en prônant l’égalité de traitement hommes-femmes. L’institution militaire ne reconnaît aucune différenciation entre les êtres, il s’agit d’un principe fondamental  indispensable à la réalisation de la mission essentielle : la préparation au combat. Les femmes doivent finalement adopter les normes établies par les hommes et pour les hommes. Cette acquisition requiert des personnels féminins un dédoublement identitaire visant à adopter les règles de cet univers masculin tout en s’imposant comme minorité de sexe différent. Le risque pour les femmes est de renoncer à leur féminité, dans leur tentative d’être considérée non plus comme une proie sexuelle mais comme un membre à part entière du groupe, un «pote». Par conséquent, les femmes pour s’intégrer devraient oublier leur genre, le militaire suggérant d’adopter certaines formes de masculinité. Dans ces conditions, l’armée ne reconnaît pas des êtres asexués mais des « êtres homosexuels »[3], appartenant tous au même sexe. Les femmes tentent de s’adapter à ce milieu où seul domine le genre masculin qu’elles doivent s’approprier pour intégrer les armées. Ainsi, les femmes s’adonnent à un « bricolage identitaire » afin de s’inscrire dans ce milieu d’hommes, bousculant les sociabilités masculines pour faire cohabiter les genres.

Face à ce constat, les femmes s’adaptent en choisissant des modes de comportement visant à affirmer leur statut de minorité ou au contraire à tenter de le faire oublier.

II.         Les femmes adoptent des stratégies spécifiques afin d’associer leur statut de femme à leur statut militaire.

Les personnels féminins semblent porter individuellement le poids de la légitimité des femmes dans les armées. Ainsi, l’assimilation entre un membre d’une minorité comme représentant une catégorie entière oblige à une certaine réserve dans les comportements adoptés. Lorsque dans une unité, une seule femme est présente, elle personnalise la féminisation des effectifs. Son comportement a des conséquences au-delà de son individualité, elle risque de marquer la réputation des femmes dans l’armée. Certes, aujourd’hui la présence des femmes s’est banalisée, cependant, cette impression d’être jugée en tant que femme avant d’être jugée en tant que militaire persiste chez plusieurs officiers.

A. La neutralité des sexes ne peut pas se réaliser concrètement

La neutralité des sexes est une illusion dans la mesure où tous les hommes ne sont pas convaincus de l’égalité entre homme et femme et restent méfiants à leur égard en raison notamment de leur prétendu pouvoir de séduction. Or, les femmes officiers n’ont aucun intérêt sur le long-terme à user de cette facilité, risquant de perdre le respect de leurs collègues masculins comme féminins. Leur attitude tend alors à éviter toute ambiguïté dans leurs comportements. Souvent considérées comme instigatrices, elles sont parfois accusées de bénéficier de privilèges ou d’avoir obtenu une meilleure notation grâce à leurs atouts féminins. Ce fantasme du pouvoir de séduction que la femme détient sur l’homme reste fonder sur le stéréotype de la femme aguichante, dont le charme est irrésistible face à un homme, guidé par ses pulsions sexuelles. Or, dans le contexte militaire où la maîtrise de soi et de son corps prévaut, ces préjugés semblent inopérants. Face à cette réalité, les femmes se défendent en adoptant un comportement distant avec les hommes, pour s’assurer de ne rien avoir à se reprocher. Elles réagissent avec dureté voire froideur aux réflexions des personnels masculins afin de se protéger des quolibets et des rumeurs. Cette tension disparaît avec la maternité, la femme perdant son statut de proie sexuelle.

 Pour les hommes, l’apprentissage des valeurs militaires passe parfois par des brimades consistant à donner des surnoms référents au féminin. La perception du genre au sein des armées introduit une ambiguïté importante. En effet, traiter les hommes de « femmelettes » ou de « gonzesses » revient à assimiler la féminité à la faiblesse. Dans ces expressions, la féminité est considérée comme un élément péjoratif signifiant qu’il est embarrassant, pour un homme, d’être considérée comme une femme. Cet usage particulier des termes féminins renvoie à la conception patriarcale de la société dont l’armée est issue, c’est-à-dire à une vision de la femme comme un être fragile, une propriété de l’homme qu’il doit protéger et dont le rôle premier voire unique reste la procréation. L’association entre « femme » et « compétence » n’est a priori pas acquise, les personnels féminins doivent la conquérir. Ainsi, une témoin déclare : « Une femme officier doit sans cesse prouver sa compétence et montrer qu’elle a sa place. Pour un début d’affectation c’est compréhensible mais dans l’armée de terre c’est permanent. » Elle exprime ici le lien qui est fait par certains hommes entre le féminin et la faiblesse voire l’incompétence. L’arrivée des personnels féminins remettant en cause ces préjugés, les femmes s’adaptent pour surmonter ces obstacles par des stratégies particulières liant leur féminité et leur statut militaire.

B. La prise de conscience de l’appartenance à une catégorie de sexe définie 

A leur entrée dans l’armée, certaines femmes prennent conscience de leur appartenance à une catégorie sexuée ce qui les conduit à affirmer leur spécificité. Les personnels féminins s’engagent alors dans un jeu d’apparence notamment en revendiquant le port de la jupe, de bijoux et du maquillage comme autant d’attributs référents à leur féminité. Jouant des faibles marges de manœuvre permises par les règles militaires, elles peuvent choisir de mettre à profit cette liberté qui leur ait laissée ou au contraire tenter de se fondre dans la masse pour éviter de se faire remarquer.  Le langage adopté dans les conversations, révélateur de logique sociale, est particulièrement représentatif dans les spécialités à forte domination masculine où les femmes s’approprient le langage des militaires, réputé cru et vulgaire, phénomène inconnu dans les états-majors où se concentrent l’essentiel des effectifs féminins.

La division temporelle entre temps civil et temps militaire permet aussi aux femmes de ne pas réaliser de choix entre leurs deux identités en particulier pour les femmes marins lors de l’embarquement. Elles effacent leur féminité sur le navire, respectant l’organisation bureaucratique et impersonnelle du bâtiment et renouent avec leur féminité lors des permissions.

III.   L’entourage immédiat définit l’intégration.

Dans l’échantillon observé, la majorité des femmes travaille quotidiennement avec moins de cinq femmes. Or, avoir un modèle féminin de réussite de carrière et de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale incite les jeunes femmes aspirant à devenir officiers à se projeter dans leur mission. En outre, face aux critiques des élèves masculins, l’officier féminin représente un rempart de défense, connaissant ces désagréments pour les avoir déjà vécus. La présence d’une femme soit au cours de la formation soit lors d’une première affectation rassure les personnels féminins pour deux raisons essentielles : les personnels masculins ont déjà travaillé avec une femme et la personne est susceptible de la comprendre et de la conseiller. Ainsi, l’une des témoins déclare : « Pendant un an le commandant de compagnie adjoint était un capitaine féminin avec lequel je me suis bien entendue. Il est vrai que ça m’a permis de prendre mes marques dans ce milieu d’homme ».

A. Le jugement des subordonnés envers les supérieurs féminins

Les liens associant subordonnés et supérieurs représentent le fondement des armées. Or, l’une des spécificités du métier d’officier réside dans le respect à inspirer aux subordonnés liée à leur autorité, aspects essentiels soulignés par plusieurs témoins.  Ainsi, les qualités de chefs renforcent la cohésion entre les membres d’une même unité, l’officier incarnant « l’esprit de corps ». Parmi les femmes interrogées, l’une affirme que les officiers doivent donner l’exemple aux subordonnées, notamment dans le choix du moment pour avoir des enfants considéré comme une responsabilité à assumer. Un capitaine atteste de son sentiment d’être respectée, essentiel pour un officier, alors qu’il doit montrer l’exemple au quotidien tant dans le travail et le comportement que dans le sport sans oublier de conseiller les subordonnés. Selon une officier, afin d’établir de bonnes relations avec les subordonnés, les décisions prises doivent être justes et expliquées. Une proximité se crée alors de fait, soit lors des événements opérationnels, soit au quotidien. Le rôle de l’officier consiste non seulement à mettre en œuvre les ordres des supérieurs mais aussi à défendre les demandes des subordonnés.

Les subordonnées reconnaissent aux officiers féminins leurs compétences, leur professionnalisme garantissant leur crédibilité, néanmoins la gestion des personnels et l’autorité ne font pas l’unanimité. Ainsi, la remise en cause des capacités des femmes officiers peut être portée par d’autres personnels féminins malgré les difficultés communes de leur carrière. Un même témoin affirme ainsi : « Dès mon entrée dans l’armée, une première femme m’a marquée, elle était […] un exemple formidable de réussite féminine dans l’armée ; droite, forte et stricte tout en restant à l’écoute, bienveillante. Lors de ma première affectation, j’ai croisé une femme qui était loin des valeurs militaires que j’affectionne (rigueur, exemplarité, rigueur dans le commandement et respect). Elle m’a cependant permis de faire les bons choix en termes de comportement : ne pas reproduire ce que je n’ai pas aimé dans sa façon d’être. Cela m’a permis d’adopter un commandement plus diplomate tout en restant ferme, du moment où l’on montre l’exemple et explique le pourquoi de nos décisions. »

B. Les réactions des hommes

L’un des aspects majeurs de l’intégration des femmes dans les armées demeure leur acceptation par les hommes, formant la majorité des personnels de leur environnement. La reconnaissance de leurs pairs assurent leur crédibilité dans un environnement professionnel sain. Un officier met l’accent sur l’importance de la hiérarchie, aucune différence entre les sexes n’étant admises avec les supérieurs. Elle remarque cependant que la mixité force les hommes à repenser leur langage. L’attitude des personnels masculins envers leurs homologues féminins est rarement neutre se traduisant soit par le rejet soit par la protection. Aucune de ces options ne favorise réellement l’intégration : l’indifférence rend l’interaction difficile tandis que la protection tend à accroître le sentiment de faiblesse et l’impression de privilèges accordé aux femmes.

Face aux tensions liées à l’identité masculine, deux réactions surviennent de la part des femmes : soit elles recherchent l’uniformisation, par l’égalité de traitement systématique et l’oubli de leur féminité, soit elles maintiennent un équilibre entre masculin et féminin, répondant aux sarcasmes, sans toutefois aller jusqu’à faire perdre la face à l’homme. Cependant, une officier avoue qu’« il reste parfois difficile de travailler notamment dans un entourage fait uniquement d’officiers masculins, [avoir] parfois l’impression d’être mise à part, ignorée », ajoutant qu’il s’agit d’« un combat de tous les jours de se faire entendre correctement ». Même si la hiérarchie oblige les subordonnés à respecter l’officier quel que soit son sexe, les relations avec les homologues reste parfois difficile.

Conclusion : Être femme officier, c’est choisir une profession singulière marquée par une identité complexe liant la féminité au militaire. L’adaptation essentielle s’opère entre les femmes et l’institution, les hommes subissant des changements mineurs. Afin de s’adapter aux armées, créées par des hommes et pour des hommes, l’institution propose la désociabilisation orchestrée lors des formations en école, où il est indispensable d’affirmer sa personnalité et ses compétences afin d’associer son identité initiale avec celle du soldat. Malgré quelques réticences dans les derniers bastions masculins, les comportements visant à ostraciser les personnels féminins, adoptés lors de la formation en école ou en lycée militaire, persistent rarement en unités.

Soumises à la loi de la majorité, les femmes officiers s’accommodent de leur statut de minorité en s’appropriant à leur manière les règles imposées par l’institution afin d’être acceptées par leur entourage et reconnues dans leur légitimité en tant que militaire. Malgré une intégration différenciée du fait de leur sexe, les femmes en situation de commandement parviennent à concilier leur féminité et leur grade d’officier sans avoir à renier leur genre. Quelle que soit la stratégie adoptée, l’assurance dans le comportement choisi apporte une crédibilité supplémentaire à leur commandement, d’autant plus respecté.

Adelaïde Fouchard, étudiante en Master II Affaires et Relations internationales à Sciences Po Aix en 2013-2014

Auteure d’un mémoire intitulé « Être femme officier aujourd’hui », rédigé sous la direction du Professeur Jauffret


[1]             Rapport du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire, n°6, ministère de la Défense, juillet 2012, p. 139

[2]             Rapport du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire, n°5, ministère de la Défense, mai 2011, p. 159

[3]             Katia Sorin, Femmes en armes, une place introuvable ? Le cas de la féminisation des armées françaises, p. 211

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