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LES ENJEUX DE LA PROJECTION MILITAIRE FRANÇAISE

2 Fév

Sous le Premier Empire, alors que les Britanniques peinaient à mobiliser plus de 200 000 hommes de troupes au début des années 1810, la France en envoya près d’un demi-million en Russie en 1812. Pourtant, elle se révèle incapable de traverser 20 km de mer pour attaquer son ennemi juré, alors que ce dernier coule sa flotte à Trafalgar en 1805, tient les mers sans partage à travers le monde et envoie contre elle, dans la péninsule ibérique et, en 1815, en Belgique, des corps expéditionnaires. La projection est un art de la guerre à part entière, et pour le maîtriser il faut en avoir les outils. L’esprit aussi, sans doute. La nature insulaire du Royaume Uni le prédestine à la projection maritime. Là-dessus, il semble que les nations insulaires et péninsulaires, comme l’Espagne ou le Portugal, aient en commun une culture de cette projection particulière. Elle se trouve moins forte dans une nation isthmique comme la France, ouverte aux plaines aisément praticables du nord de l’Europe, et donc plus vulnérable aux assauts continentaux. Néanmoins le pays fait preuve, au cours du XIXème siècle, d’une qualité de projection surprenante, vers l’Algérie en 1830, ou la Crimée en 1854. Cette capacité, elle la développe dans le contexte de stabilité politique offert par le congrès de Vienne de 1815. Elle la développe également car, de la Restauration au Second Empire, une même volonté politique s’est exprimée : rendre à la France la grandeur géopolitique perdue au sortir des guerres napoléoniennes. Elle la développe cependant au détriment d’une armée de terre suffisamment solide pour résister aux forces allemandes emmenées par Bismarck en 1870. Viennent alors, après celles de Vauban au XVIIème siècle, les fortifications Séré de Rivière à partir de 1874, imitées dans l’entre-deux guerres par celles de la ligne Maginot. La projection d’une armée qui avait su développer l’agilité au détriment de la force brute cède la place au repli défensif. Après le choc de la seconde guerre mondiale, la France se dote de l’arme atomique et préserve la conscription pour parer à la menace soviétique. Sa projection, quoique forte au moment des guerres de décolonisation, se limite rapidement à des interventions restreintes dans son « pré carré[1] » africain, et des opérations de maintien de la paix. En janvier 1991, l’opération Desert storm mobilise une coalition internationale menée par les Etats Unis pour envahir l’Irak et le forcer à retirer ses troupes du Koweït. La France et le Royaume Uni participent à cette opération. La première va, au prix d’efforts conséquents, y déployer environ 12 000 hommes, la seconde en déploie 35 000 sans bouleverser son organisation interne[2]. La menace soviétique disparue la même année en Europe, la France est dans une position inédite dans son histoire. Par sa place aux nations unies, sa force de frappe nucléaire et sa solidité économique, elle peut prétendre au statut de puissance mondiale. Avec la disparition de toute menace continentale conventionnelle, elle doit relever le défi, ou saisir l’opportunité, de changer en profondeur sa doctrine militaire. Or, l’art de la guerre de prédilection d’une puissance aux ambitions mondiales et préservée de toute menace directe est celui de la projection. Bien entendu depuis le XIXème siècle, l’outil de projection s’est diversifié ; au maritime s‘ajoute désormais l’aérien. Et les velléités de conquêtes territoriales sont révolues et remplacées par la quête de stabilité internationale. En revanche la maîtrise de cet outil, quelle que soit l’époque, est avant tout permise par la combinaison d’un contexte stratégique favorable et d’une volonté politique. Dans le monde post-guerre froide, la maîtrise de la projection constitue donc un enjeu majeur pour la France. Ainsi, cet article propose d’une part, d’établir brièvement le bilan de la transition de la tradition militaire continentale vers l’inconnu qui a suivi la dissolution du bloc soviétique. D’autre part, il expliquera en quoi la France a su développer une réelle capacité de projection de puissance, sans parvenir à la rendre permanente. Enfin, il montrera que la capacité de projection de force du pays, réelle également, reste incomplète. Il convient d’ajouter que cet article ne saurait traiter de la projection de façon exhaustive. En étudiant les moyens de projection de puissance et de force il se concentrera sur les bâtiments et avions d’intérêt opérationnel direct, sans aborder les flottes de soutien logistique[3]. Pour la projection navale nous traiterons donc de navires de la catégorie « bâtiments de combat[4] ». Pour la projection aérienne nous aborderons uniquement le cas des avions de la catégorie « transport[5] ».

Au lendemain de la guerre froide, le constat d’un retard

« La chute du mur de Berlin et l’éclatement de l’URSS firent reculer la menace de 1500 km vers l’Est. Une menace d’ailleurs considérablement amoindrie, la Russie n’ayant plus les moyens d’entretenir son armée» affirme Jean-Dominique Merchet[6] . Ce bouleversement stratégique rend caduque la posture de défense continentale édictée dans le Livre Blanc sur la Défense de 1972. L’armée y était réduite comme garante de la crédibilité de la dissuasion nucléaire. Ainsi, au chapitre 1 on peut lire à propos de la force conventionnelle : « Trop faible, elle ne pourrait remplir son rôle et la crédibilité de la dissuasion en serait réduite ; trop forte, elle pourrait laisser croire que nous sommes prêts à subir les aléas d’une guerre de grande ampleur[7]». Pour se faire, elle se reposait essentiellement sur une organisation défensive, notamment par son déploiement, avec la présence en Allemagne des FFA (Forces Françaises en Allemagne), que Jean-Dominique Merchet estime à 60 000 hommes[8]. Ces forces sont rapidement démantelées, comme le montre un rapport d’information sénatorial de 1990 qui présente une dissolution planifiée des forces dans les deux ans[9]. Elle se reposait également sur une armée de conscrits, pas encore professionnelle. Ainsi, au chapitre 6 du Livre Blanc sur la Défense de 1994, on remarque que le taux de professionnalisation de l’armée française est de 51% en 1993, dont 43% seulement pour l’armée de terre alors que la Marine est déjà professionnalisée à 71%[10]. De son côté, l’armée britannique affiche un taux de professionnalisation de 100% toutes armées confondues[11]. Or, cette différence va jouer lors du déploiement dans la coalition de 1991. En effet, cette opération se déroulant à l’extérieur, l’Etat français exclut immédiatement d’envoyer des appelés du contingent, sans doute pour ne pas rouvrir les cicatrices laissées par leur emploi lors de la guerre d’Algérie[12]. Cependant, cette décision implique une déstabilisation totale de la plupart des régiments. La FAR (Force d’Action Rapide) par exemple, seule force réellement projetable de l’époque ne représente qu’une part minoritaire de l’ensemble des troupes, et, en son sein, elle compte un grand nombre d’appelés dont la mobilisation ne peut être automatique. En effet, les appelés doivent nécessairement être volontaires pour les opérations à l’étranger[13]. Ainsi, alors que l’armée de terre de l’époque compte environ 290 000 hommes, elle parvient à mobiliser avec la division Daguet seulement 5% de ses effectifs[14]. La non-professionnalisation constitue donc le premier obstacle à la projection de forces au sortir de la guerre froide. De surcroît, l’armée française est confrontée à des difficultés de transport. André Martel affirme que la France doit affréter précipitamment « 30 navires marchands », civils, pour compenser son déficit de moyens de transports maritimes militaires, une pratique néanmoins courante[15]. C’est particulièrement dans le domaine du transport aérien que la France souffre d’une carence importante. En effet elle ne dispose alors d’aucun gros transporteur de fret long courrier. Seul le Transall C160, dont le premier vol fut effectué en 1963, est en mesure d’emporter du matériel, mais avec un rayon d’action très limité. André Martel le décrit comme « un moyen insuffisant de transport stratégique en raison d’un faible rayon d’action et d’une capacité limitée de transport[16] ». Dans un rapport sénatorial de 1994 est indiqué que les plus gros porteurs dont la France dispose ont deux défauts principaux : d’une part ils sont civils, et n’ont donc pas un format adapté à certains matériels militaires, notamment des véhicules blindés et des hélicoptères. Elle emploie alors des avions de type DC8 et 747. D’autre part, ils sont de conception américaine[17]. Ainsi, le déficit de matériel de transport aérien et maritime constitue, au sortir de la guerre froide, le deuxième obstacle à la projection de forces.

En réaction à ce constat de retard, la France prépare sa mue. Bien que le Livre Blanc sur la Défense de 1994 ne l’évoque pas encore, à la suite de la décision du président de la République Jacques Chirac en 1996[18], la loi de programmation 1997-2002 qui le suit planifie la professionnalisation complète des armées françaises[19]. Elle améliore sa projection de force, et le transport militaire maritime, qui repose dans les années 1990 sur les transports de chalands de débarquement (les TCD), va être considérablement renforcé par l’arrivée des bâtiments de projection et de commandement (BPC), dont le nom même évoque la volonté d’améliorer les capacités de projection du pays. Le premier BPC, le Mistral, mis sur cale en 2003, sera admis au service actif en 2006[20]. Après que les porte-avions à propulsion conventionnelle Foch et Clémenceau aient fait la preuve de leur efficacité, notamment le Foch lors de l’intervention de l’OTAN au Kosovo en 1999 comme nous le verrons plus loin, le porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle est admis au service actif au début de l’année 2001 après près de 12 ans de construction, améliorant du même coup la projection de puissance française[21]. Néanmoins, la flotte aérienne de transport ne connaît pas une évolution aussi rapide, et le programme ATF (avion de transport futur) évoqué dans le rapport sénatorial n°272, qui deviendra l’A400M que l’on connaît, n’en est qu’à ses balbutiements[22].

La projection de puissance : un savoir-faire par intermittence

D’aucuns affirment que la projection de puissance revêt toutes les formes d’emploi du feu par une flotte de guerre sans débarquer de troupes au sol.

Dans le cadre d’une projection de puissance (…) Les avions du porte-avion et les hélicoptères de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT) projetés à partir d’un bâtiment de projection et de commandement (BPC) ont ainsi joué un rôle clé, tandis que des frégates ont participé à ces opérations en effectuant des tirs d’artillerie à partir de la mer[23],

peut-on lire dans le rapport d’information de l’assemblée nationale n°2777 à propos de l’opération Harmattan au large de la Libye en 2011. Historiquement, l’artillerie navale a en effet longtemps été la seule forme de projection de puissance. Cependant sa portée est limitée à quelques dizaines de kilomètres, elle constitue donc une projection de puissance côtière, par conséquent vulnérable aux batteries que l’ennemi pourrait disposer sur le littoral. L’arrivée du missile MDCN Scalp naval sur les FREMM (Frégates Multi Missions) d’une portée d’environ 1000 km et d’une précision métrique lui redonnera de l’importance. Mais ces missiles sont en nombre limité. En outre le rayon d’action des hélicoptères et leur puissance de feu souffrent également de limites contre des cibles durcies dans la profondeur[24]. La puissance aéronavale, incarnée par le porte-avions et son groupe aéronaval (GAN) constitue donc la pièce maîtresse de la projection de puissance. Le Charles de Gaulle, navire amiral de la flotte française, a également l’avantage de ne souffrir d’aucun manque de carburant en opération grâce à sa propulsion nucléaire. Avant lui, le binôme des porte-avions Foch et Clémenceau avait démontré l’importance significative de la force aéronavale. Accompagné d’un SNA (sous-marin nucléaire d’attaque), le GAN du Foch, en 1999 lors de l’opération OTAN au Kosovo, interdit la sortie des forces navales yougoslaves de ses bases[25]. La projection de puissance d’un GAN implique en effet nécessairement le déplacement d’un porte avion avec plusieurs bâtiments : à minima un SNA, une frégate antiaérienne, une frégate anti-sous-marine (ASM) et un pétrolier ravitailleur. Mais surtout, le Foch a conduit un tiers des missions de bombardement françaises, et a du même coup démontré la supériorité opérationnelle d’un porte-avions équipé de catapultes et de brins d’arrêt[26], capable de projeter des avions plus lourds et donc d’un rayon d’action et d’un armement supérieur à des avions à décollage court comme les Harrier britanniques. Sur ce point, la France a l’avantage par rapport à la Grande Bretagne dont la Royal Navy se transforme avec peine dans le monde post-guerre froide[27]. En outre, le nouveau porte-avions Charles de Gaulle apporte une supériorité accrue dans la projection de puissance avec l’admission au service actif des Rafale Marine (Rafale M). Ces appareils sont omni-rôles, dans la mesure où ils peuvent effectuer tous types de mission, de la lutte air-air en passant par le renseignement jusqu’à des missions de bombardement. Le Charles de Gaulle joue par ailleurs un rôle majeur lors de l’opération Harmattan en 2011. Cependant la proximité géographique de la France avec la Libye (surtout depuis la base aérienne 126 de Solenzara en Corse), et l’usage de bases aériennes de l’OTAN, notamment celle de Sigonella en Sicile et de La Suda en Crète, par les chasseurs de l’armée de l’Air en limitèrent l’importance[28]. Il y effectue tout de même près de la moitié des sorties de combat de l’aviation française[29]. Il joue un rôle déterminant dans le cadre de l’opération Chammal, à partir de la fin de l’année 2015 lorsqu’il est déployé au large de la Syrie en Méditerranée orientale cinq jours seulement après les attentats de Paris du 13 novembre. Lors d’un redéploiement de deux mois et demi effectué à partir de début octobre 2016, pour la première fois, le Charles de Gaulle évolue en mode « tout Rafale » avec 24 appareils de ce type à son bord à la suite du retrait du service actif des derniers Super étendards modernisés (SEM) en juillet de la même année[30]. Ce déploiement a permis, en quelques jours, de tripler les capacités aériennes de la France qui, depuis septembre 2014, déploie en permanence des chasseurs de l’armée de l’Air depuis la Jordanie et sa base d’Abu Dhabi, la base aérienne 104 de l’armée de l’Air[31]. On mesure donc l’importance considérable du porte-avions comme outil de projection de puissance. Un outil que la France est, avec les Etats Unis le seul pays au monde à maîtriser[32]. Mais cette projection souffre d’une carence majeure : elle n’est pas permanente. En effet, comme tout appareil, les porte-avions doivent subir des travaux de maintenance pour être maintenu en condition opérationnelle, ce qu’on appelle le MCO (pour maintien en condition opérationnelle). Or, le MCO d’un porte-avion nucléaire n’a rien de commun avec aucun autre navire : il est long et particulièrement complexe. A titre de comparaison, la durée moyenne d’un arrêt technique intermédiaire (ATI) est de 6 mois pour le porte-avion et de plus de 15 mois pour un arrêt technique majeur (ATM)[33], tandis que l’ATI d’un BPC dure entre 6 et 8 semaines, et 2 à 4 mois pour un ATM[34]. Le déploiement du Charles de Gaulle évoqué précédemment s’expliquait par la volonté de la France de mettre à la disposition de la coalition contre Daesh son outil le plus puissant au moment où la mainmise de cette organisation terroriste islamiste à Mossoul s’affaiblissait[35]. Mais il a obligé la Marine Nationale à repousser de plusieurs mois le second ATM du bâtiment[36]. Et pour cause, celui-ci doit durer 18 mois[37], ce qui prive la France de son principal outil de projection de puissance pendant près de deux ans. Car il faut prendre en compte le fait que chaque arrêt technique nécessite une période dite de « remontée en puissance » pour rendre au navire sa pleine capacité et permettre aux pilotes de se réadapter. Cette carence est liée au fait que la France ne possède qu’un seul porte-avions. Elle avait déjà été observée sur le plan opérationnel lorsque dans l’opération au Kosovo que nous évoquions plus haut, le Foch, après quatre mois de manœuvre, avait été contraint de rentrer à Toulon, alors même que la crise n’était pas achevée[38]. « L’impossibilité de relayer le Foch, tenu de retourner à Toulon, illustre les conséquences, en cas de crise, de l’absence d’un second porte-avions » peut-on lire dans le rapport n°358 du sénateur André Boyer[39]. Précisons que cette impossibilité s’explique alors par le désarmement du Clémenceau le 1er octobre 1997 et le fait que le Charles de Gaulle n’avait pas encore été admis au service actif. Ainsi la projection de puissance de la France souffre, jusqu’à aujourd’hui, d’une faiblesse liée à l’intermittence de la disponibilité de son navire amiral. Par conséquent, la question du second porte-avions suscite, depuis le début des années 2000[40], un vif débat qui est toujours en cours bien que le dernier Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale de 2013 n’aborde pas la question du second porte-avions dans le modèle d’armée qu’il détaille, un modèle d’armée confirmé par la revue stratégique de 2017. Par ailleurs, depuis le Livre Blanc de 2008, la projection de puissance française redonne l’accent à l’artillerie navale avec le lancement des programmes d’équipement de missiles de croisière navals[41].

La projection de force : maîtrisée en mer, encore carencée dans les airs

La projection de force est une forme de projection progressive, transitoire. Sa finalité n’est pas l’ouverture du feu, mais le déploiement d’une force qui sera, elle, potentiellement amenée à le faire. Cependant, elle peut englober des missions bien plus diverses. Les moyens de la projection de force permettent par exemple l’évacuation de ressortissants, ou encore l’acheminement de matériels et de nourriture pour des missions humanitaires. Cela s’explique par la grande capacité d’emport de ces véhicules. Cette force se distingue aujourd’hui en deux outils principaux. La force amphibie d’une part, qui permet le déploiement de matériels lourds et en grande quantité par la voie maritime, mais progressivement, sur plusieurs jours ou semaines à cause des durées d’acheminement et/ou de la nécessité de plusieurs voyages. La force aérienne de transport d’autre part qui permet le déploiement de moyens lourds mais en faible quantité et beaucoup plus rapidement, en quelques heures, avec une capacité de roulement elle aussi plus rapide, d’où la métaphore du « pont aérien ». La force amphibie française s’est considérablement renforcée depuis l’arrivée des BPC. Leurs excellentes capacités ont rendu obsolètes les TCD Foudre et Sirocco que la Marine a cédé, respectivement à la Marine chilienne en 2011 et à la Marine brésilienne en 2015. La première intervention opérationnelle d’un BPC a lieu au cours de l’été 2006, dans le cadre de l’opération Baliste. Cette opération vise à évacuer les ressortissants français présents au Liban alors qu’Israël lance une offensive contre le pays. Le BPC Mistral, qui n’est pas encore admis au service actif, reçoit l’ordre, le samedi 15 juillet 2006, d’appareiller pour le lundi 17[42] afin d’y participer. Malgré son inexpérience il se révèle être un parfait outil de projection et de soutien, notamment par sa capacité médicale embarquée[43] et par ses dimensions. Ces dernières lui permettent d’accueillir beaucoup de matériel ainsi que plusieurs milliers de passagers (jusqu’à 4000 personnes), et les lits et matelas pour les héberger, grâce aux espaces des hangars et des coursives, particulièrement larges pour un navire de guerre[44]. L’opération est un succès et « la marine valide le concept du BPC[45] ». Le navire s’est également illustré récemment, dans la gestion d’une crise humanitaire en lien avec une catastrophe naturelle, aux Antilles en septembre 2017. Le BPC Tonnerre y achemine plus de 1000 tonnes de matériel et 116 véhicules de construction pour venir en aide aux populations à la suite du passage des ouragans Irma et Maria[46]. Grace à ses EDAR (engin de débarquement amphibie rapide), il est en mesure de débarquer ce matériel directement depuis une plage, ce qui dans une zone sinistrée se révèle particulièrement adapté en raison des dégâts essuyés par les infrastructures portuaires. Véritables outils de souveraineté, les BPC contribuent aussi pleinement à la défense des intérêts français dans le monde. L’un d’eux est ainsi déployé de façon permanente dans le Golfe de Guinée dans le cadre de l’opération Corymbe activée en 1990 : « L’opération Corymbe consiste à maintenir des moyens navals dans le Golfe de Guinée comme forces capables de réagir rapidement à une crise face à un littoral où les intérêts français sont nombreux[47]. » Il est à souligner que ces navires affichent un taux de disponibilité exceptionnel, situé entre 70 et 90% de disponibilité technique (DT) depuis l’admission au service actif du Mistral[48], une DT qui s’explique notamment par la courte durée de ces arrêts techniques comme nous l’évoquions précédemment. Enfin, les BPC ont également fait la preuve de leur valeur lors de l’opération Serval au cours de laquelle ils ont mis en œuvre pour la première fois leur capacité de projection de force. Complété par 3 navires civils de transport de fret, dont le roulier MN Eider qui emportait essentiellement du matériel logistique[49], le BPC Dixmude emporte 1823 tonnes de fret, essentiellement des véhicules blindés et des chars légers[50]. Cependant, bien qu’étant également conçu comme porte-hélicoptères, il n’en transporte aucun, ceux-ci ont été acheminés par voie aérienne[51]. Car l’opération Serval présentait une double-contrainte pour la projection de force navale : elle nécessitait une intervention rapide, et elle se situait dans une région enclavée, éloignée de plus d’un millier de kilomètres des côtes atlantiques. Cela explique pourquoi sur l’ensemble du fret militaire traité pour cette opération, 61% l’ait été par voie aérienne[52]. Dans ce domaine, la France a alors affiché une carence majeure. En effet, en l’absence de l’avion de transport A400M, dont les livraisons ont été retardées, elle ne disposait au moment de lancer l’intervention d’aucun avion de transport aérien gros porteur[53]. La France a donc dû faire appel à des sociétés de transport privées étrangères. Ainsi Antoine d’Evry affirme dans un rapport de l’IFRI que « l’armée de l’Air ne disposant alors d’aucun gros porteur pour acheminer des véhicules blindés et autres matériels pondéreux : il a fallu recourir aux services de sociétés privées ukrainiennes et russes affrétant à grand frais des avions-cargo AN-124 et IL-76[54]. » D’autre part elle a dû se « reposer » sur les flottes de gros porteurs militaires alliés de type Boeing C-17, notamment britanniques, américaines et canadiennes. Leur contribution n’a cependant représenté que 25% des 362 vols logistiques nécessaire à l’acheminement des 10 000 tonnes de fret projetées, le reste ayant été pris en charge par les sociétés privées[55]. La France a donc souffert d’une grave faiblesse de souveraineté dans sa projection de force par voie aérienne. Ses Transall qui étaient déjà insuffisants pour le transport extra-théâtre lors de la guerre du Golfe l’étaient toujours au moment de Serval. Ils remplirent néanmoins avec succès des opérations tactiques intra-théâtre telles que des « poser d’assaut » et des opérations aéroportées[56]. L’A400M dont le 13ème exemplaire a été admis dans l’armée de l’Air le 20 décembre 2017, a depuis pallié ce déficit, mais il faudra s’assurer que son MCO soit performant[57]. En effet, l’autre problème majeur dont souffre la flotte aérienne de transport est son MCO, avec moins d’un quart de la flotte en capacité de voler[58]. Cela s’explique notamment par l’environnement aride, sablonneux et poussiéreux de la bande sahélo saharienne dans lequel ils évoluent et qui fait par exemple souffrir les hélices des moteurs du Transall[59]. En outre, l’âge de la flotte n’est sans doute pas étranger à ces difficultés (le C-160 Transall a fêté en juillet 2017 40 ans de service actif[60]). Cette situation a conduit Florence Parly, ministre des Armées, à s’exprimer sur ce sujet le 11 décembre dernier sur la base 105 d’Evreux, où elle a présenté sa réforme du MCO aéronautique. La disponibilité des flottes d’avion de transport est devenue une priorité pour le ministère des armées, révélant ainsi que la projection est un enjeu majeur pour la France.

Conclusion

Au crépuscule du monde bipolaire et à l’aube du XXIème siècle, la France a saisi l’enjeu que représente la projection. En professionnalisant son armée elle a réorganisé ses forces pour les tourner entièrement vers l’opérationnel qui, depuis la disparition de la menace continentale, ne peut se dérouler que sur des théâtres extérieurs. En outre, elle s’est dotée de puissants outils de projection. Le tandem Rafale M/Porte-avions Charles de Gaulle lui assure la capacité de projection de puissance la plus importante d’Europe. Ses trois BPC lui permettent une projection de force globale et conséquente. Cependant, en l’absence de sistership, le Charles de Gaulle ne peut assurer une projection de puissance massive permanente. Les choix budgétaires semblent privilégier une option moins onéreuse qui s’incarne au travers du missile de croisière naval. Le débat est désormais ouvert pour savoir qui, de l’avion ou du missile, aura l’impact psychologique le plus important lors d’un bras de fer diplomatique, et la meilleure efficacité opérationnelle. La projection de force navale semble parfaitement dimensionnée, mais la composante aérienne de cette projection est encore en chantier. Elle a constitué pourtant un enjeu majeur depuis plus d’un quart de siècle. Néanmoins les exigences techniques demandées à l’A400M ainsi que la collaboration industrielle européenne complexe qui l’a engendré ne l’ont pas rendu disponible aux forces françaises dans les temps voulus. La Royal Navy paraît de son côté voir le « bout du tunnel » de la transformation de ses capacités de projection de puissance. Le nouveau navire amiral de la flotte, le HMS Queen Elizabeth a été admis au service actif le 7 décembre dernier, ouvrant une nouvelle page de la projection maritime du Royaume Uni. L’arrivée prochaine de son sistership, le HMS Prince of Wales garantira la permanence à la mer d’une force aéronavale britannique. Cependant à l’heure du Brexit, le contexte stratégique est devenu encore un peu plus favorable à la France, désormais première puissance militaire incontestable de l’Union Européenne. Or, comme nous l’affirmions en introduction, la maîtrise de la projection n’est permise que par la combinaison d’un contexte stratégique favorable et d’une volonté politique. L’armée française, qui a su faire évoluer sa doctrine vers une projection plus performante au lendemain de la guerre du Golfe de 1991, doit désormais à nouveau repenser ses capacités de projection. Car l’évolution qualitative n’a pas été suivie d’une évolution quantitative suffisante qu’une mutualisation européenne des outils, ou des crédits de défense aurait permis. La construction de la défense européenne sur la période a souffert à la fois d’un contexte laissant croire à une stabilité internationale durable et d’un « lobbying » otanien de la Grande Bretagne dans l’UE. Mais aujourd’hui, face à la Chine qui développe ses capacités aéronavales[61], et la Russie, qui a fait la démonstration de ses capacités de projection de force et de puissance dans le conflit Syrien depuis 2015[62], et alors que les Etats Unis oscillent entre désengagement[63] et posture offensive[64], la France, qui ne peut faire face seule, semble avoir toutes les cartes en main pour être l’instigatrice d’une défense, et plus particulièrement d’une capacité de projection européenne forte et indépendante.

 

Quentin Pruvot, étudiant en M2 Histoire Militaire, géostratégie défense et sécurité 2017-2018

 

[1] L’expression est utilisée pour la première fois par Sébastien le Prestre, dit Maréchal de Vauban pour désigner l’espace au sein duquel la France serait en capacité de s’étendre. Il le définit ainsi « Toutes les ambitions de la France doivent se renfermer entre le sommet des Alpes et des Pyrénées, des Suisses et des deux mers » (cf. article d’Olivier KEMPF, « Le maréchal de Vauban, premier géopoliticien français ? », Stratégique 2010/1 (N°99) p.45)

[2] Jean-Sylvestre Mongrenier, « L’armée britannique, projection de puissance et géopolitique euratlantique », Hérodote 2005/1 (no 116), p.50

[3] Ainsi la question du ravitaillement ne sera pas traitée, qu’il s’agisse du ravitaillement en vol pour les aéronefs ou du ravitaillement à la mer pour la projection navale. Cependant il convient de ne pas en sous-estimer l’importance. En effet, la flotte logistique joue un rôle capital dans la capacité de projection ultramarine de la France. La plupart des appareils de la chasse aérienne ne pourrait mener à bien sa mission au-dessus de théâtres d’opération souvent éloignés de ses bases, sans avions ravitailleurs. La France est en train de renouveler cette flotte et remplace progressivement ses C-135 FR de conception américaine par des Airbus A330MRTT qui disposeront également de capacités d’emport de fret. En outre, qu’il s’agisse du groupe aéronaval ou du déploiement d’une force amphibie, les bâtiments ne pourraient pas tenir à la mer dans les délais imposés et sur de longues distances sans le concours des bâtiments de soutien que forment les trois pétroliers ravitailleurs de la Marine Nationale.

[4] Sources Ministère des Armées, http://www.defense.gouv.fr/marine/equipements, site consulté le 02 janvier 2018

[5] Sources Ministère des Armées, http://www.defense.gouv.fr/air/technologies/aeronefs/transport/transport, site consulté le 02 janvier 2018

[6] Jean-Dominique Merchet, « Les transformations de l’armée française », Hérodote 2005/1 (no 116), pp. 66-67

[7] Livre Blanc sur la Défense, « Chapitre 1 : La politique de défense de la France », 1972

[8] Jean-Dominique MERCHET, « Les transformations de l’armée française », Hérodote 2005/1 (no 116), p. 66

[9] Jean Pierre BAYLE, Guy CABANEL et Xavier VILLEPIN, Rapport d’information n°206 du Sénat sur les modalités et les conséquences du retrait des F.F.A. (Forces Françaises en Allemagne), 20 décembre 1990, pp.18-19

[10] Livre Blanc sur la Défense, « Chapitre 6 : Les ressources humaines », 1994, p97

[11] Ibid, information visible sur un tableau comparatif des taux de professionnalisation des forces en 1993, en annexe du chapitre 6 du Livre Blanc.

[12] Jean-Dominique MERCHET, « Les transformations de l’armée française », Hérodote 2005/1 (no 116), p. 67

[13] Les appelés volontaires de la force d’action rapide : portrait, document INA de France Régions 3 Bordeaux du 25 octobre 1983

[14] Jean-Dominique MERCHET, « Les transformations de l’armée française », Hérodote 2005/1 (no 116), p. 67

[15] André Martel, « 4 – De 1940 à nos jours », dans André Corvisier, Histoire Militaire de la France, Paris, Presses Universitaires de France, 1ère édition, 1994, p.553

[16] Ibid, p.553

[17] Albert VOILQUIN, Rapport d’information n°272 du Sénat sur les perspectives d’avenir du transport aérien militaire, 26 janvier 1994, pp.19-20

[18] Allocution de Jacques Chirac sur le service militaire, document INA de France 2, le Journal de 20h du 28 mai 1996 dans laquelle il fait référence à son annonce du 23 février 1996 à l’Ecole militaire du projet de suppression du service national

[19] LOI no 96-589 du 2 juillet 1996 relative à la programmation militaire pour les années 1997 à 2002, section 1.4.1 du rapport annexe « La professionnalisation »

[20] Sources ministère des armées, http://www.defense.gouv.fr/marine/equipements/batiments-de-combat/bpc-type-mistral/mistral-l-9013, site consulté le 31 décembre 2017

[21] André BOYER, Rapport d’information n°358 du sénat sur l’avenir du groupe aéronaval, 25 mai 2000, p.33 (on y trouve un historique du programme du porte-avion Charles de Gaulle)

[22] Albert VOILQUIN, Rapport d’information n°272 du Sénat sur les perspectives d’avenir du transport aérien militaire, 26 janvier 1994, pp.22-32. (Le rapporteur fait état de multiples difficultés économiques et politiques sur ce programme, des difficultés qui plus tard deviendront également techniques et financières, l’A400M ayant pâti de nombreux défauts de fabrication et d’augmentation des coûts de production.)

[23] Guy-Michel CHAUVEAU et Hervé GAYMARD, Rapport d’information n°2777 de la XIVème législature de l’Assemblée Nationale sur « engagement et diplomatie : quelle doctrine pour nos interventions militaires ? », 20 mai 2015, p.14

[24] Comprendre des cibles bétonnées, à la structure résistante, et situées loin du littoral.

[25] André BOYER, Rapport d’information n°358 du sénat sur l’avenir du groupe aéronaval, 25 mai 2000, p.17

[26] La catapulte est un système d’aide au décollage des avions sur la piste du porte-avion. Elle utilise l’énergie produite par la vapeur d’eau pour tirer violemment l’avion et accentuer fortement sa vitesse pour l’arracher du pont d’envol du navire. Les brins d’arrêt sont les câbles tendus perpendiculairement par rapport à la piste et sur lesquels les avions « s’accrochent » pour freiner lors de l’atterrissage.

[27] Les capacités de projection de force et de puissance du Royaume Uni se sont fortement dégradées dans les années 2000. Vincent GROIZELEAU a écrit plusieurs articles sur ce sujet sur le site d’actualité maritime Mer et Marine. Il affirmait par exemple le 26 août 2005, dans l’article « La Grande-Bretagne perd un porte-aéronefs » que la marine britannique était « réduite à la portion congrue » après le désarmement du porte-aéronefs HMS Invincible. Il souligne également l’affaiblissement considérable de la Navy, notamment par rapport à la Marine National : « Celle qui était encore la première marine du monde à la veille de la seconde guerre mondiale n’est plus que l’ombre d’elle-même et vient de se faire dépasser par son éternelle rivale, la Marine nationale. ». Le 17 décembre 2010, dans l’article « La Royal Navy boit le bouillon » il relève le désarmement du porte-aéronefs HMS Ark Royal et le retrait prochain du service d’un Transport de chalands de débarquement, le RFA Largs Bay. Ajoutant que les Harrier, seuls avions de combat aéronavals de la flotte britannique, avaient été retirés le 23 novembre 2010, il montrait alors que la marine britannique ne disposait plus, à partir de 2010, de capacités aéronavales, ce qui amputait fortement ses capacités de projection de puissance. Quant à sa capacité maritime de projection de force, elle se trouvait diminuée par le retrait du TCD Largs Bay. Ainsi écrit-il « Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Royal Navy ne sera plus, en 2011, que l’ombre de ce qu’elle était encore il y a quelques années. »

[28] Camille GRAND, « Chapter Seven: The French Experience: Sarkozy’s War? » dans Karl P. MUELLER, Precision and Purpose : Airpower in the Libyan Civil War, Santa Monica, Calif., RAND Corporation, 2015, p.192

[29] Vincent GROIZELEAU, « Le GAN achève sa mission contre Daech », Mer et Marine, 14 décembre 2016, https://www.meretmarine.com/fr/content/le-gan-acheve-sa-mission-contre-daech, site consulté le 01 janvier 2018

[30] Ibid

[31] Ibid

[32] D’autres pays que la France et les Etats Unis disposent de porte-avions. Cependant, la France est le seul pays en dehors des Etats Unis à posséder un porte-avion à propulsion nucléaire qui, de surcroît, utilise un système dit « CATOBAR » (pour « Catapult Assisted Take-Off But (ou Barrier) Arrested Recovery »), c’est-à-dire doter de catapultes et de brins d’arrêts comme expliqué précédemment.

[33] Gilbert LE BRIS, Avis n°1433 de la XIVème législature de l’Assemblée Nationale fait au nom de la commission nationale et des forces armées sur le projet de loi de finances pour 2014 sur préparation et emploi des forces : Marine, 10 octobre 2013, pp.35-36

[34] Ibid p.37

[35] Vincent GROIZELEAU, « Le GAN achève sa mission contre Daech », Mer et Marine, 14 décembre 2016, https://www.meretmarine.com/fr/content/le-gan-acheve-sa-mission-contre-daech, site consulté le 01 janvier

[36] Vincent GROIZELEAU, « Interview : L’amiral Lebas, commandant du groupe aéronaval français », Mer et Marine, 14 décembre 2016, https://www.meretmarine.com/fr/content/interview-lamiral-lebas-commandant-du-groupe-aeronaval-francais, site consulté le 01 janvier (voir à la troisième question)

[37] Vincent GROIZELEAU, « Le GAN achève sa mission contre Daech », Mer et Marine, 14 décembre 2016, https://www.meretmarine.com/fr/content/le-gan-acheve-sa-mission-contre-daech, site consulté le 01 janvier

[38] André BOYER, Rapport d’information n°358 du sénat sur l’avenir du groupe aéronaval, 25 mai 2000, p.19

[39] Ibid

[40] On peut par exemple lire dans le rapport d’information n°3317 de l’Assemblée National du député Jean-Yves le Drian daté du 10 octobre 2001, futur ministre de la Défense, une sous-partie titrée « L’inévitable nécessité d’un second porte-avions » p.27. André Boyer consacre également, dans le rapport d’information n°358 du sénat, une sous-partie titrée « Un second porte-avions : le choix de la cohérence » p.48.

[41]   Le Livre Blanc sur la Défense et la Sécurité Nationale de 2008 repousse la décision de construction du second porte-avion pour 2011-2012. Il évoque dans un encadré intitulé « Un deuxième porte-avions ? », p.214, la disponibilité partielle de l’outil aéronaval : « le porte-avion Charles de Gaulle n’est disponible actuellement que 65% du temps, en raison de périodes d’entretien ». Il justifie le report de cette décision d’une part par le choix d’accentuer les efforts sur la protection des forces au combat et le renseignement, à un moment où les soldats rencontrent des difficultés sur le théâtre contre-insurrectionnel afghan. D’autre part, en accentuant l’importance d’un autre moyen de projection de puissance, l’artillerie navale, par le biais des missiles de croisières dont il annonce la dotation pour les futures frégates : « un accent nouveau sera mis sur les moyens de frappe à distance de sécurité par missiles de croisière navals, qui seront développés et acquis. ». Ces choix seront confirmés par le Livre Blanc de 2013 et la revue stratégique de 2017 qui évacuent complètement la question du second porte-avion de leur modèle d’armée.

[42] Jean-Louis Venne, « Avec le Liban, la marine valide le concept du BPC », Mer et Marine, 19 septembre 2006, https://www.meretmarine.com/fr/content/avec-le-liban-la-marine-valide-le-concept-du-bpc-0, site consulté le 01 janvier 2018

[43] Le BPC possède à son bord un hôpital doté de plusieurs blocs chirurgicaux et de 69 lits répartis sur 850 m²

[44]   Jean-Louis Venne, « Avec le Liban, la marine valide le concept du BPC », Mer et Marine, 19 septembre 2006, https://www.meretmarine.com/fr/content/avec-le-liban-la-marine-valide-le-concept-du-bpc-0, site consulté le 01 janvier 2018

[45] Ibid

[46] Vincent GROIZELEAU, « Le Tonnerre de retour à Toulon après sa mission à Saint-Martin », Mer et Marine, 27 octobre 2017, https://www.meretmarine.com/fr/content/le-tonnerre-de-retour-toulon-apres-sa-mission-saint-martin, site consulté le 01 janvier 2018

[47] Guy-Michel CHAUVEAU et Hervé GAYMARD, Rapport d’information n°2777 de la XIVème législature de l’Assemblée Nationale sur « engagement et diplomatie : quelle doctrine pour nos interventions militaires ? », 20 mai 2015, p.118

[48] Alain MARTY et Marie RÉCALDE, Rapport d’Information n°3323 de la XIVème législature de l’Assemblée Nationale sur les conséquences du rythme des opérations extérieures sur le maintien en condition opérationnelle des matériels, 9 décembre 2015, p.67. Les graphiques montrent des courbes de « disponibilité technique réalisée » presque systématiquement équivalentes aux courbes de « disponibilité technique programmée » révélant l’excellente disponibilité des BPC, et par conséquent leur excellente opérabilité.

[49] Vincent GROIZELEAU, « Le MN Eider embarque une grosse cargaison de fret militaire à destination du Mali », Mer et Marine, 28 janvier 2013, https://www.meretmarine.com/fr/content/le-mn-eider-embarque-une-grosse-cargaison-de-fret-militaire-destination-du-mali, site consulté le 01 janvier 2018

[50] Christophe GUILLOTEAU et Philippe NAUCHE, Rapport d’information n°1288 de la XIVème législature de l’Assemblée Nationale sur l’opération Serval au Mali, 18 juillet 2013, p.44

[51] Vincent GROIZELEAU, « Le Dixmude achemine une importante force blindée au Mali », Mer et Marine, 23 janvier 2013, https://www.meretmarine.com/fr/content/le-dixmude-achemine-une-importante-force-blindee-au-mali, site consulté le 01 janvier 2018

[52] Christophe GUILLOTEAU et Philippe NAUCHE, Rapport d’information n°1288 de la XIVème législature de l’Assemblée Nationale sur l’opération Serval au Mali, 18 juillet 2013, p.44

[53] Nicolas GROS-VERHEYDE, « L’Airbus A400M : un projet en retard, les faits, les causes (dossier) », Bruxelles2, 30 avril 2009

[54] Antoine D’EVRY, « L’opération Serval à l’épreuve du doute, vrais succès et fausses leçons », Focus stratégique, n°59, juillet 2015, p.31

[55] Ibid

[56] Ibid

[57] Justine BOQUET, « L’Armée de l’Air reçoit son 13ème A400M », Air&Cosmos, 20 décembre 2017, http://www.air-cosmos.com/l-armee-de-l-air-recoit-son-13eme-a400m-104849, site consulté le 01 janvier 2018

[58] Florence PARLY, Discours du 11 décembre 2017 sur le « Plan de modernisation du MCO aéronautique », page YouTube du Ministère des Armées, vidéo ajoutée le 12 décembre 2017, visionner à partir de 11min08, https://www.youtube.com/watch?v=TGbrJgwr-Jc, site consulté le 01 janvier 2018

[59] Alain MARTY et Marie RÉCALDE, Rapport d’Information n°3323 de la XIVème législature de l’Assemblée Nationale sur les conséquences du rythme des opérations extérieures sur le maintien en condition opérationnelle des matériels, 9 décembre 2015, p.39

[60] Sources Ministère des Armées, http://www.defense.gouv.fr/air/technologies/aeronefs/transport/transport, site consulté le 02 janvier 2018

[61] Laurent LAGNEAU, « Le ministère chinois de la Défense confirme la construction d’un second porte-avions », Zone Militaire OPEX360, 31 décembre 2015, http://www.opex360.com/2015/12/31/le-ministere-chinois-de-la-defense-confirme-la-construction-dun-second-porte-avions/, site consulté le 02 janvier 2018

[62] Vincent, GROIZELEAU, « Syrie: La Russie éprouve son groupe aéronaval », Mer et Marine, 30 novembre 2016, https://www.meretmarine.com/fr/content/syrie-la-russie-eprouve-son-groupe-aeronaval, site consulté le 02 janvier 2018

[63] Il avait annoncé que l’OTAN était une alliance « obsolète » au cours de la campagne présidentielle américaine en 2016.

[64] Notamment vis-à-vis de la Corée du Nord.

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