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LE RÔLE DE LA FRANCE DANS l’OTAN POUR LA PROTECTION DES FRONTIERES DE L’EUROPE

21 Jan

Le nouveau Président élu des Etats-Unis a annoncé tout au long de sa campagne qu’il voulait  remettre en cause le principe de défense collective prévu par l’article 5 du Traité de l’Atlantique nord au motif que les Alliés profitent des moyens de son pays en matière de défense. Alors que la Russie continue de montrer des signes d’agressivité à l’égard des pays membres de l’OTAN situés le plus à l’est, l’éventuelle diminution de l’implication des Etats-Unis dans l’Organisation pourrait permettre à la France d’occuper un rôle majeur alors qu’elle a réinvesti les structures intégrées depuis 2009.

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord a pour rôle depuis 1949 de protéger ses membres de toutes agressions étrangères. Longtemps inscrit dans un contexte de guerre froide, l’Alliance devait permettre de faire face à toute tentative d’invasion russe. Elle a ensuite participé à des conflits contre des ennemis différents comme en Afghanistan. Mais l’augmentation des signes d’hostilité de la Russie à l’encontre des ses voisins baltes et son action en Ukraine remettent au cœur des préoccupations l’efficacité de l’OTAN en cas d’attaque russe de l’un de ses membres.

La France, principale puissance militaire européenne, a un rôle important à jouer au sein de l’Alliance. Reste à déterminer quelle doit être l’ampleur de ce rôle sans remettre en cause ses capacités militaires ?

Ainsi il convient d’expliquer les motivations du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN et la place qu’elle pourra tenir sans remettre en cause les moyens et les capacités de ses armées. 

 

Le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN

 

Tout juste élu Président de la République en mai 2007, Nicolas Sarkozy annonce un changement de politique étrangère qui se traduit notamment par le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN dont on était sorti en 1966 suivant la volonté du Général de Gaulle.

Les arguments en faveur de la réintégration du commandement intégré de l’OTAN avancés par Nicolas Sarkozy sont que puisque la France est l’un des principaux contributeurs, elle doit avoir un rôle à jouer dans la planification et la conduite des opérations financées en partie par elle. Aussi, le nouvel élan donné au rôle de la France dans l’OTAN permet de rassurer les alliés quant à la volonté d’instaurer une Europe de la défense[1]. Enfin, les Américains apprécient ce geste et acceptent un rapprochement avec la France après l’opposition, pourtant justifiée, de Jacques Chirac à la guerre américaine en Irak en 2003. Nicolas Sarkozy confirme d’ailleurs son intention devant le Congrès des États-Unis, le 7 novembre 2007 : « Plus l’Europe de la défense sera aboutie, plus la France sera résolue à reprendre toute sa place dans l’OTAN. Je souhaite que la France, membre fondateur de notre Alliance et qui est déjà l’un de ses premiers contributeurs, prenne toute sa place dans l’effort de rénovation de ses instruments et de ses moyens d’action, et fasse évoluer dans ce contexte sa relation avec l’Alliance, en parallèle avec l’évolution et le renforcement de l’Europe de la défense »[2]

Mais l’alternance de 2012 et l’arrivée de François Hollande à la tête de la République remettent en question ce retour dans le commandement intégré de l’OTAN. Le Président demande à l’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine de lui remettre un rapport sur la pertinence de maintenir une telle intégration de la France dans l’OTAN. La conclusion du document remis à François Hollande en novembre 2012 est sans appel, une « (re)sortie française du commandement intégré n’est pas une option »[3]. Un avis qui sera suivi par la majorité en place puisque le Livre blanc de 2013 précise que « la stratégie de défense et de sécurité nationale de la France ne se conçoit pas en dehors du cadre de l’Alliance atlantique et de son engagement au sein de l’Union européenne »[4]. La France précise tout de même qu’elle se veut être un allié fiable et solidaire, essentiel à la bonne mise en œuvre des missions de l’OTAN, mais qui conserve une capacité d’action en dehors de l’Alliance et une pleine autonomie de décision. Elle assume ainsi sa volonté de faire valoir ses intérêts au sein de l’Alliance et d’y conserver une voix originale, tout en étant force de proposition.

Cette réintégration a eu des effets significatifs et a permis de franciser les structures de l’OTAN, puisque le nombre de personnels engagés au sein des structures de l’organisation est passé de 242 à 925 personnels militaires. Le poste de Commandant allié transformation est également réservé à un général français, actuellement le général d’armée aérienne Denis Mercier.

Ensuite, en matière d’influence sur l’organisation de l’OTAN, la France a joué un rôle moteur pour rationaliser le fonctionnement de l’Alliance, hiérarchiser les priorités, refondre les procédures, ramener le nombre des agences de quatorze à trois pour espérer une économie de 20 %, réduire la structure de commandement, réduction des personnels de 35 % en 2013 et passage de onze à sept du nombre d’états-majors[5].

Toutefois, Hubert Védrine a rappelé lors de son audition devant la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat le 27 novembre 2012 qu’« il faut avoir à l’esprit que ce n’est pas parce que la France obtient des postes de responsabilité qu’elle dispose automatiquement d’une influence accrue sur l’ensemble de l’organisation. L’influence est une notion plus complexe »[6].

Depuis, de nombreux aspects satisfaisants sont apparus pour la France et son influence se mesure par plusieurs marqueurs. Elle est désormais présente dès le début du processus de décision et de gestion des crises, ce qui lui permet d’avoir son mot à dire quant aux solutions envisageables. Ainsi elle défend ses priorités stratégiques.

La France encourage également l’OTAN à se réformer pour s’adapter aux contraintes économiques actuelles. Elle s’est donc opposée à la volonté de la Pologne de disposer d’un état-major de l’OTAN sur son territoire, n’étant pas convaincue de l’intérêt  opérationnel d’une telle structure.

Enfin, la France travaille à la reconnaissance par les membres de l’OTAN de la contribution de l’Union européenne et plus particulièrement de la France à la sécurité de l’espace euro-atlantique qui peut se résumer en plusieurs points[7] :

  • La reconnaissance de la nécessité d’agir au regard de la situation à l’est et au sud de l’Europe et de maintenir un équilibre entre les menaces identifiées sur ces flancs, mais aussi des capacités comme le système de défense anti-missiles.
  • La reconnaissance des opérations nationales françaises comme contribuant à la sécurité de l’Alliance dans son ensemble, et à la définition de cibles pour la déployabilité des forces. Celles-ci nous permettront, à terme, de nous assurer que nos Alliés disposent des capacités dont nous pourrions avoir besoin lors de nos opérations, qu’elles se déroulent dans le cadre national, dans le cadre de l’UE ou dans le cadre de l’OTAN.
  • La prise en compte des appréciations opérationnelles de la France par la chaîne de commandement de l’OTAN. Les évaluations françaises sont pleinement prises en compte dans les travaux menés par l’organisation.
  • La reconnaissance d’intérêts industriels communs entre les entreprises européennes et américaines. Les nombreuses PME françaises spécialisées dans l’armement peuvent désormais se positionner lors des appels d’offres conduits par l’OTAN.
  • La France est en mesure d’exercer une réelle influence dans la structure grâce au travail des 800 nouveaux personnels présents dans la structure de commandement et les agences de l’OTAN. Comme on l’a déjà dit plus haut, la France occupe le poste de commandement allié pour la transformation mais aussi le poste de secrétaire général adjoint pour les investissements de défense.

La France semble avoir retrouvé sa place au sein de l’OTAN et peut donc pleinement s’investir à travers cette organisation pour répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Les efforts porteront principalement sur la protection des frontières de l’Europe de l’est où les pays membres de l’organisation doivent faire face aux pressions russes.

 

Pour une réaffirmation de son rôle dans la protection des frontières de l’Europe…

 

La crise russo-ukrainienne engagée en 2013 a remis sur le devant de la scène l’existence d’une menace croissante russe aux frontières orientales de l’Alliance. Les États membres sont cependant partagés entre ceux qui rejettent la notion de « menace » et ceux qui souhaitent que l’OTAN tire toutes les conséquences des actions de la Russie en s’adaptant à ce risque en renforçant son flanc et sa posture de dissuasion et de défense.

Le communiqué du sommet de Varsovie du 8 et 9 juillet 2016 réaffirme cette volonté de protection des frontières de l’OTAN : « Pour protéger et défendre notre sécurité, indivisible, et nos valeurs communes, l’Alliance doit continuer et continuera de s’acquitter efficacement des trois tâches fondamentales énoncées dans le concept stratégique : défense collective, gestion de crise et sécurité coopérative. Ces tâches restent pleinement pertinentes, sont complémentaires et contribuent à la sauvegarde de la liberté et de la sécurité de tous les Alliés »[8].

S’il semble nécessaire d’afficher la bannière de l’OTAN, cela ne signifie pas qu’il faille en revenir à une logique de guerre froide, et à une lecture de la sécurité du continent européen fondée sur la confrontation et le partage de zones d’influence. Si les actions de la Russie rendent inenvisageable, dans les circonstances actuelles, un partenariat stratégique, elle demeure pourtant un interlocuteur indispensable pour la sécurité en Europe et dans le monde.

Les membres de l’OTAN doivent donc essayer d’établir un dialogue avec la Russie pour éviter toutes escalades. C’est dans ce sens que semblent s’inscrire les intentions du président élu des Etats-Unis. Donald Trump souhaite en effet approfondir le dialogue avec son homologue russe afin de trouver un terrain dans les conflits qui les opposent. Mais il n’est pas évident de faire accepter cette approche des relations avec la Russie aux pays qui voient en elle un véritable ennemi de par leur proximité géographique (Pologne, pays baltes). Enfin, d’autre pays ne souhaitent pas que l’ensemble des forces de l’OTAN soit engagé à l’est mais qu’elles soient également tournées vers la bande sahélo-saharienne ou la Méditerranée.

Malgré les divergences de visions stratégiques, de nombreuses mesures sont prises pour répondre aux agissements de la Russie. Ces mesures dites d’assurance ou de réassurance adoptent la forme d’activités terrestres, maritimes et aériennes au-dessus et autour du territoire des pays membres de l’OTAN, afin de renforcer la défense et de rassurer les populations de ces pays, tout en décourageant une agression potentielle.

L’ensemble des 28 alliés participe à ces missions de protection des frontières face à la Russie et notamment la France qui se distingue par sa contribution à la mission de police du ciel Baltic Air Policing. C’est donc dans ce cadre là qu’à la fin du mois d’août 2016, l’Armée de l’Air française a déployé quatre Mirage 2000-5F du Groupe de Chasse 1/2 «Cigognes», habituellement stationnés sur la base aérienne 116 de Luxeuil. Ce détachement a pour mission d’intercepter tout aéronef, notamment russe, qui s’approche ou qui traverserait l’espace aérien des pays baltes, et qui ne possède pas de plan de vol ou qui ne répond pas aux appels radios des contrôleurs aériens de la région[9].

La France contribue également aux missions de l’OTAN par la mise à disposition depuis le 1er avril 2016 d’avions radars de type AWACS qui participent à la surveillance des espaces aériens baltes et polonais. Ont également été déployés au printemps, pour une période de sept semaines, un sous groupement tactique interarmes à dominante blindé (SGTIA blindé) composé de 300 militaires armés par le 12ème régiment de cuirassier d’Orléans, par une section d’infanterie du 16ème bataillon de chasseurs de Bitche et par une section du 13ème régiment du génie de Valdahon. Ce détachement est équipé de quinze chars Leclerc et de quatre véhicules blindés de combat d’infanterie (VBCI)[10].

L’OTAN effectue chaque année environ 300 exercices militaires auxquels participe régulièrement la France.

Se pose la question de la présence permanente des alliés à l’est de l’Europe pour assurer une meilleure protection des frontières. Il demeure évident qu’actuellement l’OTAN n’est pas une menace pour la Russie car cette dernière mène une guerre hybride en Ukraine et en Crimée qui ne permet pas une riposte par les forces conventionnelles de l’Organisation. Il est ainsi essentiel que l’Alliance montre l’exemple en demeurant transparente et prévisible, y compris sur les mesures de dissuasion, afin d’obtenir de la Russie les mêmes gages en retour. Les décisions que prendra l’Alliance en matière de défense collective doivent s’accompagner de propositions concrètes visant à prévenir les risques d’escalade.

Le pré-positionnement permanent de moyens militaire à proximité de la frontière avec la Russie ne s’inscrirait pas dans un objectif de désescalade. Et bien que certains alliés demandent une telle orientation, la France ne considère pas qu’un renforcement des moyens militaires soit pertinent. Les mesures déjà prises sont relativement suffisantes et n’altèrent pas les capacités de l’OTAN à intervenir dans une autre région du monde en cas de nécessité.

Cela étant, la Russie continue d’être un acteur imprévisible et cherche, année après année, à exploiter les vulnérabilités de l’OTAN. À cet égard, il est crucial pour les alliés de mener un travail d’analyse toujours plus fin sur les intentions de la Russie pour mieux les anticiper et moins se laisser surprendre.

 

 

…Qui ne sera pas sans conséquence sur les moyens de la défense nationale

 

Donald Trump n’a pas hésité tout au long de sa campagne à rappeler qu’une fois investi il demanderait aux membres européens de l’OTAN de revoir leur contribution dans l’organisation à la hausse. La France fait aujourd’hui partie des bons élèves mais cela n’est pas sans conséquence sur le budget national.

La France est reconnue comme un acteur actif de l’Alliance de par sa forte activité opérationnelle qui contribue fortement à la sécurité de l’Organisation. Cette activité se manifeste notamment par le maintien d’une dissuasion nucléaire crédible, sa participation aux dernières opérations militaires de l’OTAN, sa participation aux mesures d’assurance aux profits des alliés orientaux, qui ont mobilisé 5 000 soldats en 2014 et son apport sur le flanc sud  qui contribuent à renforcer sa crédibilité.

Cependant la France fait tout de même l’objet de critiques s’agissant du non respect de ses engagements d’affectation de personnels. En effet elle ne pourvoit pas l’ensemble des postes pour lesquels elle s’est engagée. Théoriquement, la France devrait fournir 692 postes dans les structures de commandement. Après négociation, cet effectif a été ramené à 632 postes. Or, elle n’en pourvoit effectivement que 75 %. En ajoutant les postes théoriquement à pourvoir dans les agences, les soutiens et à Norfolk, elle devrait fournir 810 effectifs. En comptabilisant les postes non répertoriés, c’est néanmoins près de 800 personnels qui sont affectés au sein de l’Alliance, ce qui n’est pas négligeable au regard des 1 500 postes permanents à l’étranger dont dispose le ministère de la Défense français. Compte tenu du déploiement de la France sur de nombreux théâtres d’opérations extérieures, son investissement au sein de l’Alliance est déjà très important.

La pression exercée sur les effectifs est très forte tant en raison de la manoeuvre de déflation des effectifs d’officiers, qui implique une baisse de 10 % des postes permanents à l’étranger, que des activités opérationnelles. C’est par exemple pour cela que la France a très peu participé à l’exercice Trident Juncture de 2015.

La Cour des comptes avait été saisie en 2012 pour déterminer non pas le coût de notre rôle au sein de l’OTAN mais pour déterminer si notre réintégration au commandement intégré avait augmenté les dépenses pour la France[11] ?

Elle a remis un rapport intitulé « La réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, quel coût et quelles pistes d’économies possibles ? ». Ce dernier fait état d’un surcoût limité en raison des contributions budgétaires que la France versait à l’OTAN avant même la réintégration. Ainsi, en 2008, soit un an avant la pleine participation de la France aux structures intégrées, les contributions financières directes de la France à l’OTAN s’élevaient déjà à 172,66 millions d’euros, auxquels s’ajoutaient les rémunérations et charges sociales des 242 militaires alors mis à disposition de l’Alliance par la France, d’un montant de 29,99 millions d’euros. Le coût complet de la contribution française à l’OTAN s’élevait donc à un peu plus de 200 millions d’euros.

Selon les estimations de la Cour des comptes, le montant de la participation financière française au budget de l’OTAN atteignait 325,86 millions d’euros en 2011, alors qu’elle se serait établie à 264,86 millions d’euros sans la réintégration au sein du commandement militaire intégré. Les contributions financières directes représentent près de 65 % (211,22 millions d’euros) du montant total, les 35 % restant étant le fait des rémunérations et charges sociales des personnels insérés au sein de l’OTAN (114,64 millions d’euros).

On constate donc une augmentation de la participation de la France au budget de l’OTAN depuis sa réintégration. Cela s’explique non seulement par la réintégration mais aussi par l’augmentation du budget global de l’OTAN depuis 2007 en raison de l’évolution de l’opération afghane. Le budget total de l’OTAN est ainsi passé de 1 875,49 millions d’euros en 2007 à 2 419,25 millions d’euros en 2011.

La Cour des comptes détermine finalement que le surcoût strictement lié à la pleine participation de la France aux structures intégrées est de 61 millions d’euros.

L’OTAN fixe le pourcentage du PIB lié au budget de défense à 2% pour l’ensemble de ces membres[12]. Un chiffre que s’engagent à atteindre nombreux des candidats à la présidence de la République. Mais cet effort budgétaire doit se faire dans un temps trop long au point que le général Pierre de Villiers s’inquiète du maintien de certaines capacités opérationnelles de la France. Si les armées ont des difficultés à répondre aux exigences liées aux différentes opérations dans un futur proche, comment feront-elles pour fournir le personnel et le matériel nécessaires à l’implication de la France dans l’OTAN ?

D’autant plus que la vision française de l’OTAN s’inscrit dans une perspective d’autonomie militaire. C’est à dire que la France souhaite investir dans ses propres armées tout en mettant une partie de ses capacités au service de l’Alliance. Elle s’oppose au financement de moyens communs qui seraient composés en majorité de matériels américains et traduiraient une perte d’autonomie et un manque à gagner pour ses industries de défense. La France réfute l’argument de certains de ses alliés selon lequel l’achat de matériels communs constituerait un véritable ciment entre les membres de l’OTAN. Pour elle c’est l’engagement opérationnel qui est réellement bénéfique pour l’Alliance.

La vision française de l’OTAN passe enfin par une affirmation de l’importance de la dissuasion nucléaire dans un contexte de montée des tensions avec la Russie. Elle se positionne donc contre les pays « désarmeurs » comme la Belgique, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas dans lesquels se trouvent des armes nucléaires américaines prépositionnées.

 

La France est plus que jamais consciente des enjeux de sécurité auxquels elle doit faire face et des efforts budgétaires qu’elle doit fournir pour ne pas voir son outil de défense défaillir. Son retour au sein du commandement intégré de l’OTAN lui permet d’envisager l’avenir à travers différentes coopérations garantissant la rationalisation des moyens tout en assurant les missions. Ainsi elle est d’accord pour soutenir les objectifs formulés pendant le sommet de l’OTAN à Varsovie qui sont le maintien de la cohésion au sein de l’Alliance, assurer l’existence d’un plan d’action rapide de défense, éviter l’escalade des tensions avec la Russie et assurer le maintien des moyens humains et matériels.

La réduction constante de la participation américaine au budget de l’Alliance qui ne fera que s’accentuer avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’existence de menaces multiples à l’encontre de l’Europe et la volonté de la France d’augmenter son effort de défense font qu’elle devrait avoir un rôle croissant à jouer au sein de l’OTAN dans les années à venir.

      Jimmy Berthail, élève-officier de l’Ecole de l’Air, étudiant en Master 2 en 2016-2017

 

[1] http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/defense-et-securite/la-france-et-l-otan/, consulté le 20 novembre 2016.

[2] http://www.voltairenet.org/article152875.html, consulté le 20 novembre 2016.

[3] Gilbert le Bris et Philippe Vittel, « L’évolution du rôle de l’OTAN », rapport d’information de l’Assemblée nationale, n°3472, p. 22, 3 février 2016.

[4] Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, 2013, p. 61.

[5] Gilbert le Bris et Philippe Vittel, « L’évolution du rôle de l’OTAN », rapport d’information de l’Assemblée nationale, n°3472, p. 23, 3 février 2016.

[6] http://www.rpfrance-otan.org/Audition-de-M-Hubert-Vedrine-a-la, consulté le 20 novembre 2016.

[7] Gilbert le Bris et Philippe Vittel, « L’évolution du rôle de l’OTAN », rapport d’information de l’Assemblée nationale, n°3472, p. 23, 3 février 2016.

[8] Communiqué du sommet de Varsovie, 9 juillet 2016.

[9] http://www.defense.gouv.fr/operations/actualites/otan-engagement-francais-dans-l-operation-baltic-air-policing, consulté le 20 novembre 2016.

[10] Gilbert le Bris et Philippe Vittel, « L’évolution du rôle de l’OTAN », rapport d’information de l’Assemblée nationale, n°3472, p. 24, 3 février 2016.

[11] Cour des comptes, « La réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN : quel coût et quelles pistes d’économies possibles ? », septembre 2012.

[12] « Les dépenses de défense des pays de l’OTAN », communiqué de presse de l’OTAN, division diplomatie publique, 28 janvier 2016.

‘Guerre de l’information’ : doctrine et pratique de la communication d’influence russe

30 Nov

Très utilisée par les organismes et institutions privés pour promouvoir leur image ou déstabiliser un concurrent en utilisant le levier de l’opinion et de la réputation, la communication d’influence peut aussi très largement s’appliquer au cadre étatique, comme un mode d’action légitime, en temps de paix, comme dans le cadre des conflits armés, pour imposer sa propre matrice des relations internationales et défendre ses intérêts propres. Il s’agit donc de s’attacher à rechercher une domination informationnelle effective sur son adversaire d’une part, mais aussi sur des États ne partageant pas nécessairement une grille de lecture identique des relations internationales et ayant des intérêts perçus comme divergents d’autre part. Il est préférable d’utiliser l’expression communication d’influence, plutôt que ‘propagande’ ou ‘désinformation’, par souci d’objectivité et pour refuser toute forme de désignation normative, empreinte d’une possible charge négative. La définition proposée par le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, a l’avantage de permettre une grande clarté dans la compréhension des objectifs russes en matière de  stratégie d’influence. Décrites simplement comme une «matrice d’outils et de méthodes destinés à atteindre des objectifs de politique étrangère sans l’emploi de la force mais à travers l’usage de l’information et d’autres leviers d’influence», ces pratiques s’inscrivent donc très largement dans le répertoire d’action utilisé par les forces armées russes dans le cadre -ou non- d’un conflit armé[1]. Les travaux portant sur le conflit syrien par exemple, au prisme de l’action russe, les différents acteurs et les aspects stratégiques ou géopolitiques, sont nombreux et une riche littérature peut éclaircir la délicatesse d’appréhension du conflit. Si la littérature consacrée à la communication d’influence russe dans la guerre ukrainienne demeure, quant à elle, assez développée,  proposée par les lieux de production habituels (think tank, cénacles universitaires…) et alimentée par la presse -par le biais des «experts » notamment-, elle se révèle pratiquement inexistante dans le cadre du conflit syrien. Or, le même répertoire d’action est utilisé par les forces russes dans le cas syrien et un schéma systémique semble pouvoir se dégager. Si les campagnes d’influence sont très largement intégrées dans la doctrine stratégique russe, expression d’une culture étatique et d’une tradition historique habituée au contrôle et à l’orientation des opinions publiques, elles restent très largement ignorées des concepts stratégiques français, même si une prise de conscience semble se dessiner dans les derniers Livres blancs, ceux-ci intégrant les questions d’influence digitale aux problématiques liées à la cyberdéfense. Ce manque peut apparaître comme relativement dommageable. En effet, faire face à une campagne d’influence suppose des capacités opérationnelles de contre-influence, ce qui demeure tout à fait délicat, considérant en effet que la Russie peut profiter d’une grande liberté sur l’internet dans les espaces occidentaux, ce qui est loin d’être le cas inversement.  L’objectif de cet article est de démontrer que la communication d’influence russe s’intègre dans une approche stratégique globale, exhaussant ces méthodes comme une pratique légitime, et dans le cas syrien, d’exemplifier à travers une application concrète, les fondements pratiques de l’influence sur un plan opérationnel.

 

                   L’influence de l’opinion : un mode d’action intégré dans la doctrine stratégique russe

 

Une tradition ancienne incluse dans une matrice globale

 

La doctrine stratégique russe inclut la guerre de l’information dans un panel global d’actions destinées à contrer l’adversaire et s’inscrit dans une matrice globale et une lecture particulière du monde propre à la Fédération de Russie. La volonté de rechercher une puissance et prégnante domination informationnelle est liée, sans nul doute, à une certaine conception de la propagande, perçue ici dans une approche pratique et sans aucun jugement éthique ou moral, et exhaussée en discipline scientifique et, à ce titre, enseignée dans la plupart des centres universitaires et des écoles destinés à la formation des cadres militaires et civils russes. Car elle s’inscrit dans une approche globale, intégrante de la sécurité nationale, les méthodes d’influence et la quête de la domination informationnelle ne doivent ainsi pas se percevoir comme des actes menés subrepticement par quelques activistes soutenant le régime éparpillés sur le territoire russe mais plutôt comme le fait d’une stratégie censée, justifiée et organisée, avec ses éléments systémiques. Julien Nocetti, chercheur à l’IFRI, décrit ainsi très justement le phénomène de rapprochement entre les lieux de production traditionnels de savoir, comme les centres de recherche des universités spécialisés dans les questions de propagande, et les centres de formation des cadres supérieurs de la diplomatie russe, créant ainsi une culture de l’influence permettant de légitimer ces pratiques auprès de potentiels décideurs[2]. C’est bien la notion centrale de savoir-faire, héritage d’une pratique historique légitimée et profondément institutionnalisée, qui explique aujourd’hui les capacités et l’activité russe dans ce domaine. La volonté «d’affaiblir le système économique, politique et social d’un Etat» tout comme la recherche assumée d’un «lavage de cerveau des populations» sont deux aspects visés, le premier résultant du second[3]. En effet, les échéances électorales dans les pays démocratiques représentent des enjeux majeurs et constituent la légitimation légale nécessaire pour exercer une responsabilité politique. Influer sur la grille de lecture que pourrait avoir l’opinion des relations internationales peut ainsi, en cas de succès notable de la politique d’influence menée, obliger le responsable politique à modifier sa rhétorique électorale et, en cas d’élection ou de réélection, se voir contraint de mener une politique différente ou alternative à celle poursuivie jusqu’alors.  Les questions de ‘propagande’ ont donc été intégrées à la doctrine stratégique russe. L’usage récurent de méthodes d’influence pourrait être perçu, selon nos catégories de lecture occidentales, comme une forme d’hybrid warfare –bien que l’expression semble devoir être utilisée avec circonspection-, théorisée dans les années 2000 et intégrée aujourd’hui dans le corpus conceptuel occidental. C’est ainsi ce qu’a résumé Valery Gerasimov, actuel chef d’État-Major des armées de la Fédération de Russie, dans un article de référence portant sur la doctrine stratégique russe, affirmant ainsi que «le rôle des moyens non-militaire dans le but d’atteindre des objectifs stratégiques et politiques a considérablement augmenté, et dans bien des cas, surpasse l’intérêt effectif de la force des armes»[4]. Cette multiplicité des moyens mis en œuvre dans une optique opérationnelle est fondamentale et implique d’utiliser un large panel de méthodes, incluant autant des forces conventionnelles non-déclarées, que des ONG soutenues par le pouvoir russe ou des militaires très spécialisés dans les problématiques liées à la cyberdéfense et à la propagande[5].

 

            De la prise de conscience de lacunes opérationnelles à l’acquisition d’un savoir-faire

 

Cette pratique continue des méthodes d’influence et de subversion s’inscrit cependant dans un héritage délicat et des difficultés passées profondes dans ce domaine ont mené à une prise de conscience des autorités russes. Les retours d’expérience des différents conflits dans laquelle la Russie fut engagée après la Guerre Froide ont permis de pointer les faiblesses évidentes dans la capacité de proposer un contenu positif aux populations occidentales. Le cas de la seconde campagne de Tchétchénie fut ainsi fondateur de la faiblesse des capacités de contre-influence gouvernementales à contrer «la narration adverse [portée par les occidentaux] d’une agression russe contre des combattants tchétchènes héroïques»[6]. La guerre de Géorgie en 2008, qui fit douter les opinions publics occidentales et les spécialistes des réelles capacités opérationnelles russes, fut là encore l’objet de controverses sur les compétences contre-informationnelles russes et a ainsi mené le Kremlin à envisager la création d’Informations Troops, rassemblant «hackers, journalistes, spécialistes en communication stratégique et opérations psychologiques et surtout linguistes»[7]. Rassemblant tous les acteurs du champ cybernétique, cette structuration et institutionnalisation progressive dans armées russes sur les questions d’influence témoigne de la volonté de promouvoir une approche globale des problématiques de l’information, sans privilégier un angle particulier.

 

         La quête d’un contre-discours informationnel : les méthodes d’influence russes appliquées au cas syrien

 

Pratique de l’influence et cadre théorique : concurrencer les « médias dominants » sur le plan cognitif

 

La quête d’influence russe utilise les méthodes traditionnelles appliquées au champ cybernétique. La forte connectivité des populations occidentales, principales cibles visées par les méthodes d’influence du Kremlin, invite en toute logique les russes à se servir du cadre digital pour mener les campagnes d’influence. Plusieurs médias relais servent directement les intérêts russes et utilisent une rhétorique commune et des éléments de langage systémiques destinés à rendre visible d’une part et à appuyer d’autre part, avec une approche apparemment neutre, les objectifs et méthodes russes. Dans ce cadre, la sélectivité de l’information est capitale et invite non nécessairement à présenter des informations faussées mais plus simplement à les sélectionner. L’objectif de toute communication d’influence est d’alterner entre un contenu apparemment factuel, destiné à légitimer la neutralité d’une plateforme web, et des éléments critiques ou orientés, visant à défendre une ligne de conduite propre. La plateforme Web Sputnik News constitue ainsi un relais d’influence russe majeur et contribue, avec son homologue Russia Today, à la constitution d’un contenu prorusse sur le web. La simple utilisation du moteur de recherche interne au site permet de percevoir, dans le cas syrien, les éléments de langage récurrents dans la labellisation de certains acteurs, ce que nous détaillerons par la suite. La nécessité de produire un discours particulier invite à considérer la notion d’influence sur le web à l’aune du concept de marché cognitif[8] proposé par le sociologue Gérald Bronner, devant nous permettre de percevoir le web comme un espace où se déploie une multiplicité d’informations possiblement en concurrence. Pour le pouvoir russe, la domination informationnelle de la matrice occidentale dans la guerre de l’information créé une situation oligopolistique sur ce marché de l’information, qu’il s’agit de concurrencer en proposant un discours alternatif et une nouvelle lecture et présentation des événements. Dans les faits, l’on pourrait aisément considérer que la Russie tente, sur un plan intérieur, d’établir un quasi-monopole cognitif sur l’information par une limitation assez liberticide de l’accès aux médias et à l’internet, tout en profitant de la libéralité certaine de l’Occident pour concurrencer les médias dominants sur ce marché par des contenus et discours alternatifs. Quelques considérations plus techniques semblent, à ce stade, nécessaires à préciser. Le fonctionnement même des moteurs de recherche généraux permet de fidéliser inconsciemment un public visé – qu’il fréquente les sites de subversion informationnelle de manière consciente en adhérant aux discours et valeurs portés par le pouvoir russe ou, par une mauvaise maîtrise d’internet et une méconnaissance dommageable de son fonctionnement, qu’il ignore tout de la réalité des plateformes visitées- encourage ainsi l’internaute à se mouvoir dans un écosystème cybernétique où les discours prorusses sont dominants. En ce sens,  « les résultats liés à une requête donnée évoluent dans le temps afin de faire en sorte que ces derniers soient le plus possible en adéquation avec les centres d’intérêt de l’utilisateur »[9], le système de rankage imposé par les moteurs de recherche fait que l’internaute baigne, sans s’en rendre nécessairement compte, dans un même écosystème pseudo médiatique. Sur les réseaux sociaux, une stratégie d’influence identique peut aussi se dessiner. Il serait ainsi intéressant, avec des logiciels de data mining[10], de proposer une vue cartographique, sur le réseau social Twitter notamment, des comptes et profils influenceurs. Il n’est pas purement spéculatif de considérer que ces éléments permettraient de mettre au jour plusieurs centaines de profils, liés à des institutions russes et prenant la forme de think tanks, de particuliers, de faux profils légitimés par des éléments symboliques (haut niveau de scolarité, poste de pouvoir…) destinés à relayer une information positive et les contenus proposés par les traditionnels médias pro-kremlins sur le web.

 

 

Exemple d’une application concrète : brouiller les perceptions cognitives par le processus de désignation de l’ennemi

 

Le schème d’analyse propose ainsi une lecture simple et manichéenne des événements et surtout des différents acteurs, substituant à la profonde complexité du réel une matrice binaire. Car il draine avec lui tout imaginaire empreint d’une profonde charge négative et terrifiante, surtout dans un contexte actuel où les populations françaises vivent dans un univers mental  empreint du souvenir prégnant des tragiques événements de Paris et de Nice, le terme terroriste est ainsi très volontiers utilisé pour désigner les forces rebelles et opposées au régime Assad dans leur ensemble. Dès lors, l’usage d’une telle rhétorique permet d’entretenir une confusion entre les différents acteurs. Un article daté du 10 novembre dernier titre ainsi «6 000 terroristes à l’assaut d’Alep-Est» et évoque une «étroite coordination existant entre les membres de ce groupe terroriste et d’autres troupes antigouvernementales dans d’autres directions»[11]. Le lendemain, la même plate-forme publie un article titré «Attaque chimique à Alep, la Russie a des preuves incriminant les terroristes» -permettant ainsi de retourner les accusations occidentales portées contre Bachar Al-Assad[12]. Enfin, le 12 novembre, un article publié titre «L’armée syrienne lance la bataille pour Alep-Ouest, dernier bastion des terroristes» et évoque tant des «groupes armés illégaux» que des quartiers «libérés» par les forces du régime syrien[13]. Les mêmes éléments de langage, servant une ligne d’action et une matrice commune, s’inscrivent ainsi dans une description apparemment factuelle de la réalité, à savoir la situation sur le terrain en Syrie le 10, 11 et 12 novembre dernier. Ces aspects sémantiques sont fondamentaux dans toute campagne d’influence car ils rejoignent la dialectique ami / ennemi proposée par le juriste Carl Schmitt[14].  «La distinction spécifique du politique, à laquelle peuvent se ramener les actes et les mobiles politiques, c’est la discrimination de l’ami et de l’ennemi» expliquait-il ainsi[15]. Pour permettre ce processus essentiel de légitimation de tout conflit armé, Pierre Conesa appuie ainsi sur l’importance de certains lieux de production permettant de désigner un ennemi à l’opinion[16]. Presses, think tanks, éléments de langage politiques et médiatiques sont autant de lieux de production d’un discours destiné à produire un ennemi et donc à légitimer la conduite de la guerre. Il est en ce sens évident que les supports et relais d’influence russes sur internet sont des outils précieux et participent de ce processus. L’exemple de la labellisation[17] terroriste pour désigner l’opposition syrienne dans sa totalité est ainsi un cas concret d’application d’une campagne d’influence destinée à poursuivre deux objectifs politiques majeurs, d’une part le renforcement de la légitimité du régime de Bachar Al-Assad -un régime luttant contre le terrorisme pouvant apparaître comme de facto légitime, eût-il une certaine tendance à la violation des lois, des coutumes de guerre et des conventions internationales- et d’autre part la délégitimation des Occidentaux, accusés subrepticement de soutenir des mouvements affiliés à la mouvance terroriste par l’intermédiaire de ses Services Action ou par ses relations coupables avec les monarchies du Golfe. Cependant, les relais d’influence russes, car récents, sont actuellement en difficulté pour concurrencer les supports américains. L’exemple de Russia Today, télévision officielle russe à l’échelle internationale et diffusée en ligne sur internet, est en ce sens assez caractéristique d’une difficulté chronique à concurrencer les acteurs traditionnels sur le marché européen de l’actualité qui, en présentant un discours et une ligne d’action propre à un pays, peut représenter un formidable outil d’influence face aux opinions. C’est ainsi que «l’audience des nouveaux entrants [dont RT] reste pour le moment bien en deçà de celle des pionnières de l’information internationale en Europe», comme les chaînes anglophones CNN ou Euronews[18]. Bénéficiant d’une audience plus large et devant ainsi tenter de s’octroyer une plus puissante neutralité et respectabilité, la chaine RT fait alterner des contenus factuels sur l’actualité internationale et des contenus plus orientés, portant sur les réussites de l’armée russe sur le sol syrien ou les progrès matériels, opérationnels et techniques.

 

 

Toute les difficultés de la communication d’influence -et cela explique bien des critiques portées sur l’efficacité de ces pratiques- relèvent de l’incapacité notoire à en mesurer scientifiquement l’efficacité. En effet, la fréquentation d’un site internet ne révèle pas nécessairement une adhésion et des éventuelles évolutions dans l’opinion, possiblement perceptibles à travers les sondages, peuvent être la conséquence de facteurs variés n’impliquant par une réussite d’une campagne d’influence menée sur une population donnée. Ainsi, un soutien inconditionnel attribué à une partie de l’opinion à l’action et à la grille de lecture russe sur la situation en Syrie peut tout aussi bien être lié à une sympathie pour l’autorité virile du chef de l’État russe ou une perception positive de la Russie comme bastion de valeurs perdues par un Occident en déclin moral et spirituel -bien que ces éléments soient eux aussi des construits communicationnels qu’il serait intéressant de décrypter-, qu’à une réelle perméabilité d’une partie de l’opinion aux campagnes d’influence menées[19].  Mais il est cependant nécessaire de préciser que l’objectif est moins de convaincre que d’influer et d’établir une situation de concurrence sur des marchés cognitifs  oligopolistiques dominés par des informations fournies par l’Occident, d’établir des brèches potentielles dans un imaginaire dominant et un discours largement médiatisé et légitimé par la rhétorique politiques et les interventions des ‘professionnels de la sécurité’. Si cette pratique fut largement avérée dans le cas ukrainien, par l’utilisation d’une rhétorique habile, elle s’est aussi fort bien appliquée au cas du conflit en Syrie, témoignant d’une pratique ancrée et globale, s’inscrivant dans une politique volontariste  percevant l’espace informationnel comme un théâtre assumé de confrontation, où la lutte pour le contrôle du marché cognitif s’exerce par des méthodes qui, sous couvert de neutralité, entraînent une évidente subversion de la complexité du réel.  Pour conclure, il serait intéressant de proposer une très brève approche comparatiste. En effet, longtemps ignorées, les problématiques liées à l’influence s’insèrent désormais dans le Livre Blanc comme une menace potentielle, bien que les termes utilisés demeurent assez vagues et semblent plus largement concerner le secteur privé et les problématiques liées aux questions d’intelligence économique[20].

 

Simon Ballarin, étudiant en Master 2 en 2016-2017

 

[1] “Vladimir Putin’s Global Orwellian Campaign to Undermine the West», The Week, 9 Mai 2015.

[2]  Nocetti Julien, «Guerre de l’information : le web russe dans le conflit en Ukraine», IFRI, septembre 2015.

[3] Vues conceptuelles au sujet des forces armées de la Fédération de Russie dans l’espace informationnel.

[4] Traduit de l’anglais par l’auteur. Valery Gerasimov, « The Value of Science is in the Foresight »,  Military Review, Janvier – février 2014

[5] Traduit de l’anglais par l’auteur. Charles K. Bartles, « Getting Gerasimov Right », Military Review, Janvier-février 2016

[6] K. Giles, « Russia’s Hybrid Warfare: a Success in Propaganda », Bundesakademie für Sicherheitspolitik, Working Paper, n° 1/2015, février 2015.

[7] Ibid.

[8] Gérald Bronner, La Pensée extrême, Presses Universitaires de France, 2016, 380 pages.

[9] Liccia Damien, «Remise en cause des contre-discours officiels, ou l’influence des contre-discours sur les médias sociaux. Analyse de la structuration et de la circulation des discours alternatifs lors des attentats de 2015 et Nice », Mémoire de recherche de M2 Communication politique et sociale sous la direction de M. Justin Poncet, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 2016.

[10]  Le «date mining » vise à l’extraction de connaissance à partir de données collectées sur internet, les réseaux sociaux notamment, afin d’établir une cartographie des « influenceurs » en fonction des mots clés et des types de recherche. Malheureusement, l’auteur ne possède pas ces logiciels et n’a donc pas la capacité de proposer une cartographie précise.

[11] «6 000 terroristes à l’assaut d’Alep-Est », Sputnik News, 10/11/2016 [Consulté le 14 /11]

[12] «Attaque chimique à Alep, la Russie a des preuves incriminant les terroristes, Sputnik News, 11/11/2016 [Consulté le 14 / 11].

[13]  «L’armée syrienne lance la bataille pour Alep-Ouest, dernier bastion des terroristes», Sputnik News, 12//11/2016.

[14]  En outre, personne ne saurait nier aujourd’hui que la figure du terroriste, du fait même de la charge normative qu’il contient et dans le contexte géopolitique actuel, constitue nécessaire l’ennemi.

[15] Schmitt Carl, La Notion de politique, Paris, Flammarion, 1932.

[16] Conesa Pierre, « La fabrication de l’ennemi. Réflexions sur un processus stratégique», Revue internationale et stratégique, 4/2009 (n° 76) , p. 35-44

[17] Sur l’usage répété du gouvernement russe du label terroriste comme moyen de délégitimation d’un adversaire dans un conflit armé interne au pays, voir  Aude Merlin et Anne Le Huérou, « Le conflit tchétchène à l’épreuve de la reconnaissance  », Cultures & Conflits [Online], 87 | Automne 2012.

[18]  Blet Cyril, « Les chaînes d’information internationale en Europe : une réponse au défi de CNNI », Le Temps des médias 2/2008 (n° 11) , p. 149-163

[19] A ce titre, il est assez tentant de mobiliser «le mythe de l’homme providentiel », proposé par Raoul Girardet pour expliquer la certaine attirance d’une partie de l’opinion français, notamment dans sa frange se réclamant d’un héritage gaulliste orthodoxe, pour la figure de Vladimir Poutine, qui semblerait trancher avec la méfiance généralisée qu’il entraîne dans la plupart des pays occidentaux.

[20] Pour preuve, cet extrait du Livre Blanc sur la défense et la sécurité de 2008 : «Dans certains cas les actions privilégierons les attaques informatiques. Dans d’autres, elles peuvent viser l’affaiblissement d’une entreprise ou d’une personne par une désinformation générale propagée sur les médias et via internet. Pourront aussi être visées par de telles actions les communautés françaises à l’étranger et les communautés étrangères en France ».

Towards a post-ISAF Partnership Policy for NATO in Central Asia

31 Mai

Une fois n’est pas coutume (mais nous réitérerons sûrement), au moment où l’introduction de cours en anglais à l’université fait débat, Etudes géostratégiques publie son premier article dans la langue de Shakespeare. Nouvelle exception, il est rédigé par une étudiante de 2e année de Sciences Po Aix, Claudia Lostanlen mais la qualité du travail le mérite amplement. La seconde partie du texte sera mise en ligne demain avec une version pdf pour ceux qui souhaiteraient avoir bénéficié de la version avec notes de bas de page renvoyant aux sources utilisées.

Key points :

The ISAF intervention in Afghanistan from 2001 to 2013 was only a qualified sucess

Afghanistan, a country which arouses keen interest in Central Asia

Towards a post-ISAF era, a new Partnership Policy for NATO with Kabul ?

 

 

Introduction

 

If the naming « Central Asia » is a geographic abstraction from the XXth century, the fact remains that this area is arousing greed in particular among the Russians. Indeed, the territorial ambitions of Russia in Afghanistan explain why this country, acted as a « buffer » between the Russian and the British Empires, in a strategic rivalry known as the « Great Game ». This history explains why Afghanistan was formed more as a strategic battlefield than a country founded on the basis of the general will of its people. The debate over the control of Central Asia recently reopened with the announcement of NATO troop withdrawals in 2014, ending a thirteen-year-old ISAF mission. In the light of these recent developments we are going to focus our attention on the Afghan issue in this article. The objectives of this intervention, carried out under the direction of United Nations Security Council Resolutions 1368 and 1373, seemed to be distinct from the country’s past. The ISAF took part in this initiative to combat the rise of terrorism implanted under the Taliban régime and to train and advise the members of the fledgling government to stabilize their country, in turn protecting international security interests. However, the ISAF operations are inextricably linked with the creation of the Durand Line, which represents the rugged border between Afghanistan and Pakistan and has been targeted by the United States Unmanned Aerial Vehicle (UAV) program until June 2012.

 

The ISAF intervention in Afghanistan from 2001 to 2013 was only a qualified success.

 

The oversights of a quick and technocratic strategy

 

Among the errors made during the ISAF mission in Afghanistan, we could remark that international leadership most notably underestimated the durability of the Afghan political institutions. The idea was not only to protect the Afghanistan and the other countries against the threat of terrorism, but also to protect the Afghan State itself from its own excesses. The high paced, military-oriented ISAF strategy is marked most notably by the increase of troops on the ground between 2001 and 2012. During this period of time we saw the number of soldiers start from 1,500 and peak at 130,000 in 2012. While utilizing this tactic had measured successes, the international forces failed to account for the effects on the ground of corruption, Islamic fundamentalism and drug-trafficking. go add to the mix the symbol of easy money that is found with narcotics trafficking still holds strong for the Taliban. Today, the NATO technocrats still define the ISAF mission as a way “to assist the Afghan government in the establishment of a secure and stable environment” and to improve governance “for a sustainable stability by the end of the transition. » Unfortunately the government, under Hamid Karzai, is hindered by an apparent lack of readiness and continues to struggle for legitimacy after electoral fraud in 2009. Once NATO announced the progressive withdrawals, it was already too late to change the Afghan people’s mind, which is highlighted by the reappearance of inter-ethnic violence.

 According to writer and French Army Officer Jean-Pierre Steinhofer, NATO’s failure is understandable because its strategy was never clearly pinned down. At first the aim of the ISAF was to protect Kabul and the region. From there, between 2004 and 2006 the mission expanded to cover the majority of the territory. This approach was divided into four phases, each corresponding to a cardinal heading on a compass. The fact that the original objective was modified is explainable as it is very hard to define a clear enemy in such an asymmetric war. Terrorism seems to be more of a means of action than an enemy that can be defeated. Highlighted by the fact that the very definition of terrorism continues to raise problems for the United Nations even following a special commission in October of 2005 was directed to obtain and establish a precise definition for this notion/concept. It was aimed to concentrate a global policy to fight against terrorism but it produced mixed results. Indeed, the Afghan conflict is an asymmetric war thereby complicating the decision-making on how to combat the terrorist networks in this unforgiving territory.

 

Year 2011: Revealing the failure of the Reconciliation Policy

 

Facing such a mobile enemy, the United Nations and NATO, through the ISAF, attempted to achieve a Reconciliation Policy between the Taliban and the new government. To add legitimacy to this process, the High Peace Committee (HPC) was created in October 2010. The HPC, led by Burhanuddin Rabbani, was put in place to call on the insurgents to lay down their arms and start the process towards peace. However, on 21 September, 2011, Rabbani and the mainstay of the Afghan Transition Team, were killed in a suicide attack in Kabul. As a result Afghan president Hamid Karzaï lost a leader who led the program aimed at a peaceful transition in Afghanistan by means of negotiating with the Taliban. As the FT journalist, Matthew Green, said, “The death of such a well-known figure will add to tensions in Afghanistan, where the prospect of NATO combat forces leaving the country by the end of 2014 had kindled fears of a new round of civil war”.

 Following the death of Al-Qaeda leader and founder, Osama bin Laden in May, 2011, President Obama announced the planned troop withdrawals from Afghanistan with a completion goal of 2014. It was assumed that this event would lead to the decline of the terrorism in the region, but this did not prove to be true. The announced departure of the United States troops proved to restore the confidence of the Taliban regime. The untimely assassination of Rabbani demonstrated this increase in violence. According to a Pentagon Report, released in December 2012, that assessed the signs of progress in security and stability in Afghanistan, the situation had steadily worsened in the tribal belt since 2009. This report records an outbreak of high-profile attacks, especially from the Haqqani network, and affirms that the Taliban still possess the capacity to commit terrorist attacks. However, it should be kept in mind that the troop withdrawals are not only due to the death of the terrorist leader but also because of the financial crisis affecting the United States and its allies. According to an article from Courrier International, President Obama said that the United States of America could no longer face the astronomical cost of the troop’s presence in Afghanistan. The war in Central Asia and the Middle East (Iraq and Afghanistan) had already cost $1.3 trillion and had yet to achieve its goals 10 years after the beginning of the operation. High unemployment rate, critical budget deficit and national debt convinced the American president to put an end to a war he himself considered as «necessary».

 

A general assessment is that the ISAF failed to accomplish its missions since the terrorist networks remain at large in the country, there still exist extreme instability in the transitional government and there is a lack of economic, health and social development in this country. With the relatively fast withdrawal of coalition troops from this territory, an analysis of the regional stakes must be done in order to prevent history from repeating itself by leaving Afghanistan to itself to face the geopolitical aspirations its neighbors, as happened with the departure of the Russian troops in 1989.

 

Afghanistan, a country arousing keen interest in Central Asia.

Longstanding claims from neighbor states

 

Pakistan, much like Iran and Russia, is historically linked with the fate of Central Asia, and in particular with the future of Afghanistan. The dominant ethnic group in Afghanistan is the Pashtun people (which represented 42%of the Afghan population in 2007). The Pashtun tribes originate from the mountainous regions of northern Pakistan. However, when the British set up the Mortimer-Durand Line, as a border between Afghanistan and Pakistan, this ethnic group was split into two neighboring countries. The Pashtun people living in Pakistan continue to urge the country to extend its sphere of influence to Kabul. Moreover, Pakistan, which is in a longstanding conflict with India over the region of Kashmir, and ultimately fears of becoming a landlocked country between India and Afghanistan. It would be an enclave between India and Afghanistan if the latter come closer to the Indian policy. This predicament comes from the progressive merger between the Indian and Afghan governments by means of the economic expansion and developmental aid supplied by India in order to stabilize Afghanistan. Thus, Pakistan intends to retain the key-role in the Afghan political scene. Pakistan remains the leading player in the region out of necessity for obtaining the international support to cope with Afghan terrorist threats. Finally, Pakistan views Afghanistan for its geopolitical significance that in the event of an Indian attack through the Kashmir, it would provide the country strategic breathing room.

While Pakistan engages with Afghanistan based on its apparent strategic value, Iran looks at this country from another perspective, sharing an atavistic link with the Transoxiana region. In ancient times the Islamic Republic of Afghanistan was a part of the Turkish and Persian empires, which can be more aptly described as an «oikoumene», namely a longstanding cultural community. Modern day Iran wishes to rediscover its ancestral ties with the Central Asian countries that made up the ancient Silk Road. Despite the remote location of the Iranian, Afghan, Tajik, Uzbek and Turkmen people, the existing Farsi literature establishes the cement and the unity of their cultural roots. This could explain why the two million Afghani refugees are turning to Iran asylum over the past twenty years. Iran hopes to foster political stability in Afghanistan after NATO troop withdrawals, so that it brings new trade-related partners. It is also the desire of Iran to reemerge on the international stage, after its isolation provoked by the American political agenda and the UN decisions.

In the end, another country, Russia, defends its sphere of influence as a result of preexisting relations with Afghanistan and more broadly with Central Asia.. The utilization of Afghanistan as a buffer between the Russian and the British Empires dates back to the 19th century. The control of this arena would allow the Russians to reach the sea, thereby opening a sea passage, which was an obsession of the Tsars.  This initiative failed because of British interventions, which were launched anticipating the repercussions of this scenario playing out for the world and more importantly for the gem of the British Empire, India. The Russian territorial claims to these regions remain unchanged as the actual Russian president Vladimir Putin still wishes to spread Russia’s influence beyond its borders so as to safeguard its peripheral areas. According to the French specialist on Russian history, Marc Ferro, “the Russians are the only people in the whole world thinking that colonization constitutes the very essence of its history.” Indeed the Soviet period, which imposed dominance over Afghanistan between 1979 and 1988 and over the other Central Asian countries until 1991, illustrates this quest for influence. This is highlighted by regional cooperation, of which Russia and its neighboring regions are part of, such as the Shanghai Cooperation Organization (SCO). In addition Russia still supports dictatorships established in its adjoining countries, which are used as potential border guards.

 

Economic and energy interest in Central Asia

 

While Russia puts forward cultural and historical reasons to legitimize its territorial claims, one of its true interest is the energy potential of Central Asia. Among the projects dealing with gas and oil field exploitation in the Caspian Sea, it is of note that they could have passed through the Russian territory. This would have allowed Russian companies to exploit hydrocarbon deposits at relatively low prices by signing bilateral agreements with former Soviet satellite states.  Indeed, the controlling portion of oil and gas pipelines would have been extensive since Russia could have decided to block transportations of oil and gas from its periphery to the Western markets. This explains why the Russian pipeline project has been abandoned since the new Central Asian Republics no longer want to remain dependent on Russia for the movement of their goods. The current Russian energy strategy considers Central Asia as a competitor. The core goal of Russia is thus to be involved in hydrocarbon extractions in order to control the reserves of others so that it does not exceed their own. Since the international intervention in Afghanistan, this can only be achieved with the aid of the United States, which could give their endorsement, resulting in an advantage, in the energy exploitation process. Even though the United States and Russia are former enemies the possibility of bilateral agreements exists facing the economic growth of China. Thus, if Russia allows over flights during ISAF missions, the country hopes to be better positioned in the overall post-war energy scene. It is also important to note that the new line envisaged for the energy trade in Central Asia could connect Turkmenistan to India or Pakistan (preliminary agreements for the Trans-Afghanistan pipeline between the three countries were signed in May of last year) This can only be implemented if civil war ends, since oil and gas pipelines will pass through the Afghan territory. Russia is therefore extremely keen to help stabilize tense areas so as to put in place this energy industry.

For Afghanistan, China, recently mentioned above, is the second country that counteracts US reserve bases which have been settled since 2001, the debut of the American intervention. This presents a battle space of a “new Great Game” to be played out between Russia, India and China. The Chinese energy strategy plans to receive its supplies of oil and gas from the Central Asian basins. This comes as a result of a steep increase of its energy demands therefore requiring a diversified list of petroleum suppliers. To achieve this, the Chinese government already started to invest and to strengthen their partnership with Afghanistan and Kazakhstan ($3 billion has been recently invested so as to help in the development of oil extraction and refining. Its involvement in raw materials exploitation in this region might be a double-edged sword. China could transform these countries into ”functional machines”, not only by increasing their exportations, but also by reducing their current operational costs by utilization of light industries. Therefore, we could notice a willingness to open up the region to the international networks, above all under the Chinese economic and energy interests. Finally, China could also wish to control Central Asia, and particularly Kirghizstan, for fear that Islamic fundamentalism would entice Uighurs from Xinjiang and triggers possible separatists movements. Russian and Chinese visions while quite divergent are joined together by the SCO (Shanghai Cooperation Organization), which is aimed at fighting against extremisms, favoring economic cooperation and stabilizing the region. Each of them can satisfy its own needs since Russia uses it to counter NATO and OPEC, and China uses it to reinforce its presence in the energy market.

The dependence on energy from Middle-East is a great concern for global powers, such as China or the United States, the two largest importers of oil. Thus, Central Asia might prove to be the new energy base, circumventing imports from the Persian Gulf. This head-to-head competition between China and the United States urges the latter to counter Chinese and Russian energy policies with its base established during Afghanistan and Iraq interventions. This trend can be seen as early as the first Gulf War in 1991.  The United States has good ground to end the war on terror in Afghanistan (Operation Enduring Freedom) in order to permit a stabilization of the region and to build closer economic relations. The Americans, just as the Europeans, have understood the importance of Central Asia in the new international system and have decided to implement their own foreign policy for this region which is used to push the implementation of a market economy and encourage privatizations. Since the 1990‘s, Europe has been involved in energy projects through various companies, such as Unocal or British Petroleum. Thus, France considers Central Asia as a high consumer of investment funds, services and facilities. This is the background for the recent state visit of the French Minister of Foreign Affairs, Laurent Fabius, in Kazakhstan, Uzbekistan and Turkmenistan in March 2013. The trip was aimed to revitalize French relations with these countries, described by the Ministry as «a diaspora of high economic potential holding great importance for the stability of Central Asia».

 

Interests of Afghanistan’s neighboring states could hinder the establishment of a NATO partnership policy that favors the United States and Europe. For the western powers to avoid this situation, it would be necessary to provide a relative small, but consistent NATO presence through agreements between regional actors and international organizations.

 

 


Chypre et les relations Russie/UE

4 Avr
Le plan de sauvetage de l’île, bien qu’elle ne soit que la troisième plus petite économie de l’Union européenne, soulève bien des enjeux. Il a soulevé des questionnements économiques sur la viabilité d’une économie basée sur un secteur bancaire aux origines douteuses, et sociaux sur le mode de prélèvements des dépôts bancaires. En outre, l’affaire chypriote a ravivé une dynamique géopolitique, celle des relations entre la Fédération de Russie et l’Union européenne.
Environ dix ans après le « choix européen » adopté par le président Poutine, la politique européenne du Kremlin semble s’être adaptée. La posture russe vis-à-vis du sauvetage de Chypre ainsi que ses conséquences internes en Russie témoignent du nouvel ordre de priorités de Moscou.

Malgré un plan de sauvetage aux conséquences négatives à court terme sur l’économie russe…

L’accord adopté à Bruxelles dimanche 24 mars prévoit, en échange du plan de sauvetage de 10 milliards €, le gel des dépôts bancaires supérieurs à 100 000 € dans les deux principales banques, la Laiki Bank et la Bank of Cyprus, avec une ponction s’élevant jusqu’à 60% dans le cas de la première[1].
Or, les fonds d’origine russe représentant environ 30% des dépôts bancaires, les conséquences d’une telle décision sont redoutées par de nombreux économistes en Russie. Car le plan n’entraîne pas seulement la ponction sur la fortune de quelques individus, mais implique tout un système financier utilisant Chypre comme plateforme afin de réinvestir en Russie sans charges fiscales. En 2012, l’Institut russe des statistiques, Rosstat, indiquait que 39% des investissements directs cumulés en Russie provenaient de l’île[2]. Le Haut Collège d’Economie de Moscou a ainsi estimé que ce plan pourrait réduire de 1,8 points le PIB russe. La réaction de Poutine, qualifiant cette décision d’ « injuste, manquant de professionnalisme et dangereuse », s’inscrit dans ce contexte.
Cependant, comment expliquer la passivité de Moscou face à la gestion de la crise chypriote ? Et pourquoi refuser de compenser les dépositaires russes victimes du plan de sauvetage ?

…la réaction du Kremlin reste passive…

Ayant accordé en décembre 2011 un prêt de 2,5 milliards € à Chypre, la Russie a refusé toute renégociation ou étalement du remboursement. Disposant de 526 milliards $, soit la quatrième réserve monétaire au monde, la Banque Centrale de Russie aurait par ailleurs pu –comme l’avaient demandé plusieurs dirigeants chypriotes- injecter des capitaux dans les principales banques de l’île. Une telle manœuvre, surtout si les liquidités avaient été émises en roubles, aurait pu représenter un gain géopolitique majeur, la Russie militant depuis plusieurs années pour une multipolarité monétaire[3]. Toutefois, le silence et la passivité ont été de mise.
Deux hypothèses ont été avancées à cet égard, certes avec un fond logique, mais globalement indémontrables. La signature d’un accord gazier, allouant au géant énergétique Gazprom l’exploration dans les eaux chypriotes, ainsi que l’ouverture d’une base navale russe sur l’île, au cas où le port syrien de Tartous venait à tomber aux mains de l’insurrection, ont été les deux raisons principales émises par les média. Le refus d’accorder à Moscou ces deux concessions aurait guidé la politique d’ « abandon » du Kremlin. Toutefois l’exploration gazière est hasardeuse, les eaux territoriales en question étant disputées avec la Turquie, et l’ouverture d’une base navale russe sur un territoire de l’UE semble impensable étant donné la tournure des événements en Syrie[4].

…et révèle des enjeux à plus long terme :

Il est donc primordial, au-delà des questionnements hypothétiques quant à la vraie nature du refus russe de venir en aide à Chypre, d’envisager la décision du Kremlin dans un contexte plus large de repositionnement vis-à-vis de l’UE, de consolidation du pouvoir présidentiel et d’assainissement de l’économie russe.
Si les années 2000 s’ouvrent avec un regain de positivisme pour les deux voisins, un glissement s’est opéré depuis 2008 et se matérialise aujourd’hui dans la crise chypriote. L’événement déclencheur est d’abord la crise financière de 2008, se mutant en crise économique et budgétaire et signalant en Russie un déclin de l’Europe au XXIème siècle. Longtemps perçue comme un modèle économique et social, l’UE cesse d’être le référentiel vers lequel s’orienter et le nationalisme prôné par le président Poutine trouve un écho plus important. De plus, Libye, Syrie, prix du gaz, droits de l’Homme sont autant de points d’achoppement entraînant une détérioration globale des relations entre la Russie et l’UE[5].
D’autant que cette évolution, surtout dans le cas chypriote, renforce le pouvoir de M. Poutine. Ce dernier a effet introduit il y a quelques mois une proposition de loi visant à interdire aux officiels russes de disposer de dépôts bancaires à l’étranger. Ce projet n’a pas encore pu être adopté du fait de son impopularité auprès des dirigeants, qui ont pour beaucoup intérêt à maintenir le statu quo. L’affaire chypriote permet ainsi au président Poutine de parvenir à ses fins et de faire d’une pierre deux coups : éviter la fuite des capitaux hors de Russie et mieux contrôler les hauts fonctionnaires et les oligarques[6]. D’où l’annonce, quelques jours après l’accord sur le plan de sauvetage, de la non compensation des citoyens russes dépositaires d’un compte bancaire à Chypre[7].
Maxime Pour, diplômé de Sciences Po Aix et étudiant moniteur du master en 2012-2013

[1] F. Salmon, Cyprus : What are the Russians playing at ? 22 mars 2013, consulté sur le site de l’agence Reuters : http://blogs.reuters.com/felix-salmon/2013/03/22/cyprus-what-are-the-russians-playing-at/
[2] P. Avril, La crise chypriote fait tanguer l’économie russe, Le Figaro, 31 mars 2013, consulté sur : http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/03/31/20002-20130331ARTFIG00131-la-crise-chypriote-fait-tanguer-l-economie-russe.php
[3] A. Kaletsky, Will Putin Attempt a Last-minute Rescue ? 25 mars 2013 http://blogs.reuters.com/anatole-kaletsky/2013/03/25/will-putin-attempt-a-last-minute-cyprus-rescue/
[4] I. Bremmer, Why Russia Refused to Bail Out Cyprus, Financial Times, 26 mars 2013, consulté sur le site : http://blogs.ft.com/the-a-list/2013/03/26/why-russia-refused-to-bailout-cyprus/#axzz2PKGecHBF
[5] Конец прежних отношений Евросоюз­Россия, Дмитрий Тренин, 27 ДЕКАБРЯ 2012, Carnegie Mosow Center
[6] J. Dempsey, The Cypriot Crisis is also about Germany and Russia, Carnegie Brussel Center, http://carnegieeurope.eu/strategiceurope/?fa=51282
[7] Россия не будет возмещать российским вкладчикам потери на Кипре, http://reporter-ua.com/2013/04/02/rossiya-ne-budet-vozmeshchat-rossiiskim-vkladchikam-poteri-na-kipre


L’échéance olympique : contre-terrorisme et stabilisation dans le Caucase russe

25 Fév
A l’approche des Jeux Olympiques d’Hiver à Sotchi, ayant lieu en février 2014, les autorités russes doivent faire face à l’un des défis les plus importants pour la Russie depuis la chute de l’Union soviétique : stabiliser le Nord-Caucase. La stratégie adoptée par Moscou et suivie par les gouvernements des républiques locales a mis en œuvre des moyens massifs, sur une période prolongée, mais présente pourtant des résultats mitigés.
La région Nord-Caucase et les Etats du Sud-CaucaseLa-region-russe-du-Nord-Caucase-et-les-Etats-du-Sud-Caucase-en-2000_large_carte
Le Nord-Caucase subit une escalade de la violence ces dernières années, comme en attestent les affrontements de la semaine dernière au Daghestan, république de 3 millions d’habitants ayant déploré en 2012 plus de 400 morts[1]. L’ONG russe Kavkaz Uzel indique une augmentation quantitative[2] et qualitative des attaques terroristes[3], les rebelles visant de plus en plus des cibles politiques, économiques et militaires importantes, sur une zone d’activité géographique élargie[4].
La nature des menaces a par ailleurs évolué, la résistance sécessionniste tchétchène de la première moitié des années 1990 s’étant peu à peu éteinte par rapport à la montée d’un jihad pan-caucasien[5]. L’instabilité s’est également déplacée, sévissant moins en Tchétchénie et en Ingouchie qu’en Kabardino-Balkarie et surtout au Daghestan[6], mais les groupes militants s’appuient désormais plus sur des soutiens extérieurs[7]. Si les velléités d’indépendance ont été maladroitement réveillées par la politique russe de reconnaissance d’indépendance des républiques d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud suite au conflit russo-géorgien de 2008[8], la menace principale pesant sur les Jeux Olympiques reste celle de l’ « émirat du Caucase[9] ».

Le jihad de l’Emirat du Caucase

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Trouvant ses origines dans l’insurrection tchétchène, l’Emirat du Caucase est né de la  radicalisation des deux guerres de Tchétchénie et de l’affaiblissement du mouvement sécessionniste[10], mais il a évolué et regroupe dorénavant plusieurs mouvances visant l’instauration d’un Etat islamique au Caucase. Créé en 2007 par Doku Umarov, le mouvement est organisé en territoires, les wilayats, suivant à peu près les frontières ethniques, eux-mêmes composés de jamaats, des communautés de militants. Il appartient à la mouvance salafiste animant al-Qaeda, avec laquelle ses militants entretiennent des liens depuis les années 1990, notamment par des entrainements en Afghanistan. Ces relations les ont également conduits au Pakistan et, plus récemment, en Syrie[11].
L’Emirat du Caucase a pu profiter du mécontentement social croissant et commun à l’ensemble de la région. La corruption massive a conduit à une crise de régimes pouvant être qualifiés de néopatrimoniaux et ne remplissant plus leurs fonctions sociales de base[12]. Cette situation est assez largement attribuée à la politique poursuivie par Moscou de centralisation du pouvoir. Cherchant à assurer la « verticale du pouvoir », mais en manque de ressources administratives, le Kremlin a dû déléguer un grand nombre de responsabilités aux gouvernements des républiques du Caucase. Partant de cet impératif, la sélection est primordiale et conduit à la désignation des dirigeants locaux dont la loyauté devient le seul critère d’évaluation[13].
La situation est aggravée par le mauvais état économique de la région, comptant les républiques les plus défavorisées de la Fédération. La compensation offerte par le Kremlin aggrave le néopatrimonialisme des régimes : les subventions massives de Moscou octroient aux gouvernements locaux la responsabilité de la distribution des ressources, créant un système de clans privilégiés[14]. Face à l’absence de politique sociale, les jamaats se sont posés en relais et constituent souvent les piliers de l’organisation sociale.
Si l’Emirat du Caucase présente la menace principale, d’autres facteurs de violence propres à chaque république ne sont pas à négliger. La violence au Daghestan repose notamment sur des conflits religieux entre les groupes islamistes d’inspiration étrangère et des partisans de formes nord-caucasiennes plus traditionnelles de l’islam comme le soufisme. En Ingouchie, les affrontements sont plus majoritairement liés aux désillusions sociales, alors qu’en Kabardino-Balkarie, les conflits ont une tournure ethnique entre les Kabardes et les Balkars[15].
Les actes terroristes en Russie ont pris au cours de la dernière décennie une dimension sérieuse et extrêmement ambitieuse, comme la prise d’otages au théâtre de la Doubrovka à Moscou en 2002 ou à l’école de Beslan en Ossétie du Nord en 2004, l’explosion sur la voie ferrée Nevsky reliant Moscou à Saint-Pétersbourg, en 2009, et dont le dernier en date est l’attentat contre l’aéroport international de Moscou, Domodedovo, en 2010. La sensibilité des Jeux Olympiques a naturellement conduit les autorités fédérales à accentuer leur effort de contre-terrorisme[16].

La stratégie de contre-terrorisme russe

Le contre-terrorisme en Russie n’est pas reconnu officiellement comme tel, les autorités préférant se référer à du « banditisme », et donc à de la lutte contre la criminalité organisée. Plusieurs experts attestent d’une influence israélienne sur la nature de la politique russe face au terrorisme[17], soit une stratégie essentiellement basée sur la force, la zachistka (« nettoyage »), impliquant enlèvements, liquidations, interrogations musclées[18].
Le contre-terrorisme en Russie a pourtant une spécificité importante : l’objectif d’assimilation des populations au sein desquelles est mise en œuvre cette stratégie. Si la brutalité des méthodes employées est avérée[19], la particularité de cette démarche est qu’elle se base sur une décentralisation de la mise en œuvre de ces moyens, formant des forces de sécurité composées de locaux, et seulement dirigées par des officiers « ethniquement » slaves[20].
Cette approche prévaut depuis la prise d’otages de Beslan, les troupes russes se chargeant désormais de la garde des bases et de l’escorte des convois, tandis que l’essentiel de la zachistka est pris en charge par des forces locales[21]. Moscou a en effet choisi de décentraliser cette campagne et a mis sur pied des « Groupes de gestion opérationnelle » (GrOU), chacun commandé par un colonel du Ministère de l’Intérieur et comprenant des membres d’autres institutions chargées du maintien de l’ordre et de l’armée. Cette organisation cherche à pallier plusieurs facteurs d’inefficacité initiale du contre-terrorisme russe : manque de coordination des forces, faible motivation et incompréhension des troupes « slaves » au Caucase, et accusations de racisme et de colonialisme.
S’il est difficile de déterminer le volume exact des personnels mobilisés, certaines estimations s’élèvent à 70 000 membres du Ministère de l’Intérieur, équipés de chars, véhicules blindés et hélicoptères Mi-8. Deux bataillons spéciaux ont été créés dans ce cadre, le bataillon Vostok (« Est »), composé de Tchétchènes et réputé pour ses atrocités, et le plus récemment créé bataillon Daghestanais, entièrement composé de locaux du Daghestan[22]. Ces forces, rattachées au Ministère de l’Intérieur, ne font l’objet que de rares contrôles et opèrent avec une large impunité[23].
Cette approche semble avoir eu jusque-là des effets à court terme, résultant dans certains cas dans des saisies de caches d’armes et des arrestations de suspects[24], mais les effets à moyen et long terme sont plus inquiétants. La corruption endémique n’a pas permis le développement du Nord-Caucase et a fortement nui à la collecte de renseignements. Cette dernière constitue la faiblesse principale de l’action des forces de sécurité. L’interpénétration de la police et du crime organisé est telle au Nord-Caucase que les informations sont très rarement fiables[25].
La brutalité des forces du Ministère de l’Intérieur a par ailleurs suscité des antagonismes entre les populations du Caucase et les autres populations de la Fédération. Loin de l’assimilation recherchée, la politique antiterroriste du Kremlin a créé un fossé grandissant avec les peuples du Caucase[26].
Les Jeux Olympiques pourraient être un moyen de réassocier le Caucase à la Russie. La promotion des athlètes caucasiens, excellents dans certaines disciplines, la reconnaissance officielle de leurs cultures, ou l’attraction de capitaux étrangers, sont des opportunités rares qu’un tel événement est capable d’offrir. Les Jeux Olympiques de Sotchi sont un moyen puissant de combler ce qui manque à la Russie dans le Caucase : le soft power.
Maxime Pour,
diplômé de Sciences Po Aix et moniteur du master (2012-2013)

 


[1] Кремль укрощает Дагестан, http://www.utro.ru/articles/2013/01/29/1097877.shtml Voir aussi: Radio Free Europe : http://www.rferl.org/content/security-officers-shoot-three-dead-daghestan/24904662.html 3 individus suspectés de terrorisme ont été tués, plusieurs caches d’armes ont été trouvées. Quelques jours avant, les enfants d’un officier de police local ont été assassinés.
[2] В ходе вооруженного конфликта на Северном Кавказе в 2012 году погибли и были ранены 1225 человек, http://www.kavkaz-uzel.ru/articles/218940/
 В январе жертвами вооруженного конфликта на Северном Кавказе стали 62 человека, http://www.kavkaz-uzel.ru/articles/220017/  Le bilan de janvier 2013 s’élève à 62 morts dans le Caucase-Nord.
[3] Kavkaz Uzel, http://www.eng.kavkaz-uzel.ru/articles/23037/
[4] Caucase du Nord : Instabilité croissante dans le Sud de la Russie, Center for Security Studies, ETH Zurich, n° 95, juin 2011
[5] Джихад на Северном Кавказе: существует ли выход из создавшегося положения?, http://www.iiss.org/programmes/russia-and-eurasia/about/georgian-russian-dialogue/caucasus-security-insight/russian-version-issue-4/sagramosa/ 
[6] Caucase du Nord : Instabilité croissante dans le Sud de la Russie, op. cit
[7] Ibid
[8] Модный сувернитет, http://www.iiss.org/programmes/russia-and-eurasia/about/georgian-russian-dialogue/caucasus-security-insight/russian-version-issue-4/zhemukhov/  
[9] Jihad in Russia : the Caucasus Emirate, IISS Strategic Comments, http://www.iiss.org/publications/strategic-comments/past-issues/volume-18-2012/december/jihad-in-russia-the-caucasus-emirate/
[10] Pour une analyse des origines de la radicalisation islamiste en Tchétchénie, voir : http://www.ict.org.il/Articles/tabid/66/Articlsid/636/Default.aspx
[11] Ibid
[12] Pavel Baev, Contre-terrorisme et islamisation du Caucase du Nord, Politique étrangère, 2006, p. 6
[13] Pavel Baev, Contre-terrorisme et islamisation du Caucase du Nord, op. cit, p. 4
[14] Ibid, p. 4
[15] Caucase du Nord : Instabilité croissante dans le Sud de la Russie, op. cit, p. 2
[16] Западные эксперты считают, что терроризм на Кавказе перестал быть внутренней проблемой РФ, http://www.newsru.com/world/29sep2009/terr.html
[17] Sergeï Markedonov, Nouvelles stratégies contre le terrorisme, La Russie d’Aujourd’hui, 11 décembre 2009, http://larussiedaujourdhui.fr/articles/2009/12/11/111209_terror.html
[18] Mariya Omelicheva, Russia’s Counterterrorism Policy : Variations on an Imperial Scheme, Perspectives on Terrorism, Vol 3, n°1, 2009
[19] L’ONG russe Kavkaz Uzel les relate régulièrement : http://www.kavkaz-uzel.ru/
[20] S. Saradzhyan, Interior Troops to fill Caucasus ranks with Chechens, The Moscow Times, 23 décembre 2005
[21] Pavel Baev, Contre-terrorisme et islamisation du Caucase du Nord, op. cit, p. 2
[22] « Chechenization » to « Daghestanization » : Curious Changes in Russia’s Armed Forces, Radio Free Europe, 24 février 2013 http://www.rferl.org/content/chechenization-to-daghestanization-russian-armed-forces-caucasus-report/24780386.html
[23] Pavel Baev, Contre-terrorisme et islamisation du Caucase du Nord, op. cit, p. 3
[24] 394 « militants » auraient été tués par les forces de sécurité en 2012, 515 bases et caches d’armes ont été trouvées, et 466 IED ont été saisis. Voir : Russia’s Counter-terrorism Committee list achievements, Radio Free Europe, http://www.rferl.org/content/russia-counterterrorism-committee-lists-achievements/24798867.html
[25] Ibid, p. 3-4
[26] Ibid, p. 10
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